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Maldini déjà sur le départ : la Squadra Azzurra replongée dans le chaos

Quinze jours. C’est tout ce qu’il aura fallu pour que l’aventure de Paolo Maldini à la tête de la direction technique de la Fédération italienne de football (FIGC) vacille dangereusement. Directeur technique fraîchement nommé, le légendaire défenseur milaniste est déjà au bord de la démission, après l’échec retentissant du dossier Andrea Pirlo. Et si Maldini venait à claquer la porte, c’est Giorgio Chiellini qui pourrait prendre le relais, avec dans ses bagages une idée bien précise pour le poste de sélectionneur : Antonio Conte.

L’Italie du football traverse une tempête rare. En l’espace de deux semaines, la Squadra Azzurra a vu ses espoirs de relance — Guardiola, Ancelotti, puis Pirlo — se fracasser les uns après les autres contre des murs différents. Résultat : une sélection sans entraîneur, un directeur technique sur le point de jeter l’éponge, et une fédération qui donne l’image d’un bateau sans gouvernail.

Comment Pirlo a tout fait dérailler

Revenons aux faits. Après avoir essuyé les refus de Pep Guardiola et de Carlo Ancelotti, deux cibles qui relevaient davantage du rêve que du plan concret, Maldini s’était tourné vers son ancien coéquipier milaniste. Andrea Pirlo, actuellement en poste à Dubai United dans le championnat émirati, semblait être le choix de la raison, celui d’un technicien en devenir avec qui Maldini partage une histoire commune.

Le week-end dernier, les médias italiens évoquaient une nomination imminente. Puis le dossier a explosé en plein vol. La raison : Pirlo est ambassadeur mondial de Fonbet, une société de paris sportifs d’origine russe. Un statut incompatible avec les réglementations sportives italiennes et européennes, sans parler des sensibilités politiques dans le contexte géopolitique actuel. Légalement, moralement, diplomatiquement : le mur était triple.

Lundi matin, Pirlo lui-même a officiellement confirmé qu’il renonçait à la sélection. Sa candidature est « bloquée ». Pour Maldini, qui avait porté ce nom, c’est une gifle publique.

Maldini, 15 jours et déjà à bout

La frustration du directeur technique de la FIGC serait, selon plusieurs médias italiens, à son comble. Nommé pour apporter du prestige et de la sérénité, il se retrouve au cœur d’une cacophonie institutionnelle dont il n’est pas entièrement responsable, mais dont il porte politiquement la charge.

Plusieurs sources concordantes évoquent l’hypothèse d’une démission de Maldini, potentiellement dès la fin de ce lundi. Ce ne serait pas la première fois que la légende de l’AC Milan — 902 matchs en carrière, cinq Ligues des champions, sept Scudetti — tournerait le dos à une structure quand il estime que les conditions ne sont pas réunies pour travailler. En 2022, il avait quitté son poste de directeur sportif au Milan après un désaccord profond avec la direction américaine du club. Le personnage a ses principes, et il les défend.

La question n’est donc plus de savoir si la situation est difficile — elle l’est manifestement — mais si Maldini a encore envie de se battre dans cet environnement ou s’il préfère préserver sa réputation en partant avant que la barque ne coule davantage.

Chiellini, le profil d’urgence

C’est ici qu’entre en scène Giorgio Chiellini. Selon La Gazzetta dello Sport, l’ancien capitaine de la Juventus et de la Squadra Azzurra serait l’un des profils envisagés pour succéder à Maldini si ce dernier démissionnait. Chiellini occupe actuellement le poste de Chief Club Affairs Officer à la FIGC, après avoir exercé comme responsable des relations institutionnelles. Il est donc déjà dans la maison.

L’avantage de Chiellini est évident sur le papier : son autorité naturelle, sa connaissance du football de haut niveau, son réseau — et sa capacité à incarner l’identité d’une Italie qui sait souffrir, défendre et gagner. Rappelons qu’il était le pilier défensif de la génération qui avait décroché l’Euro 2020 (disputé en 2021), le dernier grand titre de la Nazionale. À 40 ans, il n’a aucun passif d’entraîneur, mais il pourrait endosser un rôle de directeur technique dans la continuité de celui de Maldini.

Si le président fédéral Giovanni Malagò décide d’agir vite, une proposition pourrait être soumise à Chiellini dès mardi, lors du conseil fédéral de la FIGC à Rome. Le calendrier est serré. L’urgence, réelle.

Conte comme sélectionneur : le scénario qui changerait tout

L’information la plus explosive du dossier est peut-être celle-là : si Chiellini devenait directeur technique, son premier réflexe serait d’appeler Antonio Conte pour prendre en main le banc de la Squadra Azzurra. Les deux hommes se connaissent parfaitement — Chiellini a passé une grande partie de sa carrière à la Juventus sous les ordres de Conte, qui l’avait transformé en l’un des meilleurs défenseurs centraux du monde au début des années 2010.

Conte est libre depuis son départ de Naples en fin de saison. Il n’a jamais caché son attachement à l’Italie, et on lui prête depuis des mois une envie de retrouver une scène internationale. Techniquement, son profil est sans discussion : deux titres en Serie A avec la Juventus, un championnat d’Angleterre avec Chelsea, un Scudetto avec l’Inter Milan. Il sait gérer des groupes solides, construire une identité collective rapidement, et tirer le meilleur de joueurs en manque de confiance.

Pour une Italie qui cherche avant tout à retrouver une âme et une structure, Conte aurait une valeur symbolique et sportive considérable. Le trio Chiellini-Conte, deux figures de la Juventus championne d’Italie des années 2010, sonnerait comme un retour aux fondamentaux.

Une crise qui révèle les failles structurelles de la FIGC

Au-delà des noms et des rumeurs, cette séquence dit quelque chose de plus profond sur l’état du football institutionnel italien. La FIGC a multiplié les erreurs de communication et de gestion en quelques jours seulement. Annoncer comme imminente la nomination d’un entraîneur sans avoir vérifié ses contrats d’image, c’est une faute professionnelle élémentaire.

L’Italie avait déjà connu une période douloureuse avec deux éliminations consécutives en qualification pour la Coupe du monde — en 2018 et en 2022 — des échecs historiques qui avaient profondément ébranlé la confiance du public dans ses instances. La nomination de Maldini devait marquer une rupture, un nouveau départ incarné par un monument du football mondial. Quinze jours plus tard, le monument menace de se fissurer.

Pour les supporters de la Nazionale, cette nouvelle séquence chaotique est difficile à avaler. L’Euro 2024 avait déjà été une déception, avec une élimination en quarts de finale contre la Suisse. L’horizon 2026 — la Coupe du monde organisée notamment aux États-Unis et au Canada — se rapproche, et l’Italie n’a toujours pas de sélectionneur.

Quel impact pour les joueurs franco-africains qui rêvent de la Squadra Azzurra ?

Cette instabilité touche aussi un sujet qui intéresse directement le lectorat francophone : le cas des binationaux italo-africains ou italo-français. La FIGC avait multiplié les signaux d’ouverture ces dernières années pour attirer des joueurs nés ou formés à l’étranger mais éligibles à la sélection italienne. Des profils comme Destiny Udogie (Tottenham), formé en Italie avec des origines nigérianes, ou les discussions autour de joueurs franco-italiens, témoignent d’une volonté de renouvellement du vivier.

Or, cette instabilité institutionnelle crée précisément le type d’incertitude qui peut décourager un joueur binational de faire le choix de l’Italie plutôt que d’une autre sélection. Qui va m’appeler ? Quel projet ? Quelle vision ? Ces questions restent sans réponse tant que la direction technique n’est pas stabilisée. Pour un joueur de 20 ans qui doit décider de sa nationalité sportive, le flou n’est jamais un argument convaincant.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines 48 heures

La séquence qui s’ouvre est décisive. Voici les points d’attention concrets :

  • La décision de Maldini : démission ou maintien ? Elle pourrait intervenir dans les heures qui viennent. Son silence ou sa prise de parole publique seront déterminants.
  • Le conseil fédéral de la FIGC mardi à Rome : si Maldini part, Malagò devra avoir un nom à annoncer. Chiellini ou un autre profil de transition ?
  • La réaction de Conte : le technicien est-il réellement disponible et intéressé ? Aucune source ne confirme encore son accord, et l’hypothèse reste à ce stade conditionnelle.
  • Le calendrier de qualification : l’Italie devra reprendre ses éliminatoires pour le Mondial 2026 à l’automne. Chaque semaine sans sélectionneur est une semaine de préparation perdue.

Ce qui est certain : la Squadra Azzurra n’a pas besoin d’un nouveau nom illustre sur un organigramme. Elle a besoin d’un projet cohérent, d’une ligne claire et d’un sélectionneur qui a le temps de travailler avant que les matchs qui comptent vraiment ne commencent. Si Chiellini-Conte devait se concrétiser, ce serait au moins un duo avec une vision commune et une histoire partagée. C’est peut-être la condition minimale pour sortir de ce désordre.

À retenir : Maldini pourrait démissionner de la FIGC dès ce lundi, 15 jours après sa nomination, après l’échec du dossier Pirlo. Chiellini est pressenti pour le remplacer, avec l’intention d’attirer Antonio Conte sur le banc. La Squadra Azzurra entre dans les 48 heures les plus importantes de sa reconstruction.

Et vous : pensez-vous que Conte serait le bon choix pour relancer une Italie en pleine crise de gouvernance ?

Source : Football Italia