Ce mardi, la Fédération française de football s’apprête à officialiser ce que le football tricolore attendait depuis des années : Zinédine Zidane va prendre les rênes de l’équipe de France. Un rendez-vous solennel, programmé au lendemain de la finale d’un Mondial 2026 remporté par l’Espagne face à l’Argentine (1-0 après prolongations), pendant lequel les Bleus ont vécu une compétition frustrante, achevée à la quatrième place.
La France repart donc sans trophée, mais avec une feuille de route claire : confier les clés du camion à l’homme le plus titré de l’histoire du football français. Un pari immense. Un symbole fort. Reste à savoir ce que Zidane va faire de tout ça.
Pourquoi le Mondial 2026 a accéléré la décision de la FFF
Une quatrième place à la Coupe du Monde, c’est à la fois beaucoup et pas assez. Beaucoup, parce que les Bleus font partie du dernier carré des meilleures nations mondiales. Pas assez, parce que la France avait les moyens d’aller plus loin — elle le sait, les supporters aussi.
La sortie en demi-finale a probablement constitué le détonateur final. La FFF n’a pas attendu la rentrée de septembre pour agir : en annonçant l’officialisation dès ce mardi, deux jours après la finale, elle envoie un message clair à l’ensemble du football français. Le projet repart de zéro, ou presque, avec quelqu’un capable de faire taire les débats internes et de fédérer autour de son nom.
Il faut dire que le contexte l’exigeait. Depuis la victoire en Coupe du Monde 2018, les Bleus n’ont plus rien gagné en compétition officielle. Une finale de Mondial perdue en 2022 aux tirs au but face à l’Argentine, une demi-finale de Nations League, une sortie en demi au Qatar, et maintenant une quatrième place en 2026. La trajectoire n’est pas catastrophique, mais elle ne satisfait personne.
Zidane sélectionneur : un symbole qui dépasse le football
On ne présente plus Zinédine Zidane. Trois Ligue des champions consécutives sur le banc du Real Madrid (2016, 2017, 2018), un titre de champion d’Europe en 2000 comme joueur, un sacre mondial en 1998 : son palmarès parle avant lui. Mais ce qui rend cette nomination particulièrement forte, c’est ce qu’elle représente au-delà des lignes de football.
Zidane, c’est aussi l’histoire de la France plurielle. Né à Marseille de parents algériens, il est devenu le symbole d’une génération de joueurs issus de l’immigration qui ont porté les couleurs bleu-blanc-rouge jusqu’au sommet. Sa nomination à la tête des Bleus résonne donc bien au-delà du Parc des Princes ou du Stade de France.
Au Maroc, en Algérie, dans toute l’Afrique du Nord et subsaharienne, son nom provoque une adhésion immédiate. Des millions de supporters qui suivent l’équipe de France avec une passion non feinte verront en lui un pont naturel entre deux rives de la Méditerranée. C’est un capital symbolique que peu de sélectionneurs peuvent revendiquer, et la FFF le sait parfaitement.
Quel système de jeu pour Zidane ?
C’est la grande inconnue, et elle est passionnante. Au Real Madrid, Zidane a principalement évolué dans un 4-3-3 très structuré, avec une équipe organisée autour d’un bloc compact et d’une transition rapide. Il n’a jamais été un technicien du tableau noir au sens où Pep Guardiola l’est, mais il excelle dans la gestion des hommes, dans la lecture des situations et dans la capacité à élever le niveau de confiance de ses joueurs.
Avec les Bleus, la matière première est extraordinaire. La génération née autour de 2000-2005 arrive à maturité : des milieux de terrain capables de tenir le ballon, des ailiers rapides, un ou deux numéros neuf de qualité internationale. La vraie question est celle de l’animation offensive : l’équipe de France a souvent souffert d’un manque de fluidité entre ses lignes, d’une dépendance excessive à quelques individualités.
Zidane devra trancher sur des dossiers tactiques concrets. Le positionnement de certains cadres, la place accordée aux jeunes qui ont émergé pendant le Mondial 2026, la gestion d’un effectif pléthorique où les frustrations peuvent vite déborder. Ce sont ces choix, dans les premiers rassemblements de l’automne, qui diront vraiment ce que son projet ressemble.
Les enjeux immédiats : Nations League et reconstruction
La prise de poste intervient à un moment charnière du calendrier. Après une Coupe du Monde, les équipes nationales repartent sur un nouveau cycle de qualification. Pour la France, les prochaines échéances officielles tournent autour de la Ligue des Nations, compétition dans laquelle les Bleus ont à cœur de s’imposer après des résultats en dents de scie ces dernières années.
Mais le vrai horizon, celui qui structure tout, c’est l’Euro 2028, qui se jouera au Royaume-Uni et en Irlande. Zidane aura deux ans pour installer ses principes de jeu, identifier son ossature, et préparer un groupe capable de rivaliser avec l’Espagne championne du monde, une Angleterre qui joue à domicile, et les autres prétendants européens.
Ce calendrier est à la fois une chance et une contrainte. Une chance car il laisse du temps pour construire. Une contrainte car les résultats en Ligue des Nations seront scrutés dès l’automne, et la presse n’attendra pas longtemps pour juger.
Le mercato des Bleus : quels joueurs pour le nouveau projet ?
L’arrivée d’un nouveau sélectionneur rebat toujours les cartes. Certains joueurs qui s’étaient éloignés de l’équipe de France pourraient se retrouver relancés. D’autres, installés depuis des années, devront se plier aux nouvelles exigences tactiques ou accepter de passer au second plan.
Sans rentrer dans des spéculations sur des cas individuels, on peut noter que Zidane a toujours privilégié les joueurs au mental solide, ceux qui résistent à la pression et qui ne se perdent pas dans les polémiques. Un profil qui correspond à des joueurs habitués aux grandes affiches européennes, en club comme en sélection.
La question des joueurs binationaux sera également posée. Plusieurs talents évoluant pour d’autres sélections africaines ou maghrébines ont des racines françaises. Certains ont fait le choix de représenter le Maroc, l’Algérie, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Zidane, par son histoire personnelle, pourrait redonner envie à quelques profils hésitants de porter le maillot bleu — même si la réalité administrative du changement de fédération reste une barrière solide.
Ce que Zidane doit réussir pour que ça marche vraiment
Les précédents de grands joueurs devenus sélectionneurs invitent à la nuance. L’aura ne suffit pas. Michel Platini, sélectionneur des Bleus entre 1988 et 1992, n’a pas réussi à qualifier la France pour les phases finales de l’Euro 1988 et de la Coupe du Monde 1990. Didier Deschamps, lui, a eu le mérite de construire dans la durée, de souffrir avant de gagner.
Pour que la nomination de Zidane soit autre chose qu’un coup de communication, plusieurs conditions devront être réunies. D’abord, un staff technique solide et compétent autour de lui — ses adjoints seront déterminants. Ensuite, une relation de confiance avec la FFF qui lui garantisse une stabilité et un soutien, y compris quand les résultats seront difficiles. Enfin, et c’est peut-être le plus délicat, sa capacité à gérer les égos d’un vestiaire où cohabitent des joueurs au statut de stars mondiales.
Au Real Madrid, il avait notamment dû arbitrer entre des personnalités immenses. L’exercice sera similaire avec les Bleus, mais dans une configuration différente : celle d’une sélection nationale, avec des rassemblements courts, des pressions médiatiques décuplées, et une opinion publique qui attend le titre.
À retenir
Zinédine Zidane sera officialisé sélectionneur de l’équipe de France ce mardi, au lendemain d’une Coupe du Monde 2026 conclue par une quatrième place décevante pour les Bleus. La France confie son projet à son nom le plus emblématique, avec l’Euro 2028 en ligne de mire. Le symbole est puissant. La tâche est immense. Reste à voir si l’entraîneur saura, cette fois, transformer l’or de son nom en titres concrets.
Et vous, pensez-vous que Zidane est le bon choix pour ramener les Bleus au sommet, ou son manque d’expérience sur le banc d’une sélection nationale représente-t-il un risque trop grand ?
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Source : Foot Mercato








