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Juventus tenue en échec par Bâle 0-0 : le premier test de l’ère Spalletti

Un match nul vierge, un penalty arrêté par Mattia Perin, et la satisfaction prudente de Luciano Spalletti en bord de touche. La Juventus a entamé sa préparation estivale 2026-27 sur un 0-0 face au FC Bâle, un résultat sans éclat mais qui livre déjà plusieurs informations concrètes sur l’état de forme et les choix du nouveau staff bianconero. Premier coup d’œil sur une équipe en construction.

Spalletti aux commandes : un premier match de vérité relative

Luciano Spalletti, récemment nommé à la tête de la Juventus après son passage à la tête de la sélection italienne, découvrait son effectif en situation de match. Face à lui, un Bâle entraîné par Stephan Lichtsteiner, ancien défenseur de la Juventus entre 2011 et 2018, où il a remporté sept Scudettos consécutifs. Les retrouvailles avaient une saveur particulière pour les supporters bianconeri.

Spalletti a fait jouer deux onzes distincts : la première composition a tenu la première mi-temps, la seconde a pris le relais à la pause. Un format classique pour ce type de match de préparation, qui permet d’observer des joueurs dans des contextes différents sans tirer de conclusions définitives sur la hiérarchie.

Le technicien s’est voulu positif après le coup de sifflet final. « Il aurait pu être difficile de créer des occasions, mais nous y avons réussi, et plutôt bien », a-t-il déclaré. Il a toutefois pointé un manque de précision dans les moments décisifs, ce qui, à ce stade de la préparation, reste une donnée attendue.

Douglas Luiz et Arthur : deux retours, deux questions ouvertes

L’un des enseignements les plus concrets de cette rencontre concerne le milieu de terrain. Douglas Luiz a débuté la partie avant de laisser sa place à la mi-temps à Arthur, un autre Brésilien rentré de prêt. Deux joueurs qui ont connu des saisons difficiles loin de Turin — Douglas Luiz prêté à Nottingham Forest puis à Aston Villa, Arthur dans une spirale de blessures et de prêts successifs depuis plusieurs années.

Douglas Luiz a d’ailleurs marqué les esprits lors de la deuxième période, en allant chercher un penalty. Mattia Perin, titulaire dans les buts après la pause, a repoussé la tentative adverse. Un détail qui illustre l’intensité relative de ce match estival, mais qui montre aussi que le Brésilien est entré dans le match avec envie.

La vraie question reste entière : l’un ou l’autre de ces milieux a-t-il encore un avenir à la Juventus ? Spalletti s’appuie sur un milieu de terrain à trois avec Locatelli dans l’axe, et les places sont chères. Manuel Locatelli a lui aussi joué la première mi-temps avant de céder sa place à Fabio Miretti. Le chantier est ouvert.

La composition : ce que Spalletti a voulu tester

En première mi-temps, la Juventus a aligné une défense à quatre avec Kalulu, Gatti, Kelly et Cambiaso. Deux profils offrent de la polyvalence — Cambiaso peut évoluer aussi bien latéral gauche que milieu — et Kelly, défenseur central anglais arrivé l’été dernier, cherche à s’installer durablement dans la rotation.

Côté offensif, Leandro Boga a débuté sur le flanc, avec Adzic dans un rôle de meneur et Ekhator en pointe. Ce dernier n’a tenu que vingt-neuf minutes avant de sortir, remplacé par Openda — une sortie qui a immédiatement alimenté les inquiétudes, une blessure ayant été signalée lors de ses premières minutes en préparation.

En deuxième mi-temps, Spalletti a fait rentrer l’ensemble de son banc, dont Cabal, Rugani, Rouhi, Milik et plusieurs jeunes de l’effectif. Ce genre de rotation massive est habituel dans les matchs amicaux de juillet, mais elle rend toute lecture tactique fine difficile à établir.

Boga et l’angle africain : un joueur à surveiller de près

Jérémie Boga a livré ses premières impressions après le match. L’ailier ivoirien, formé à Chelsea et passé par Sassuolo et l’Atalanta avant d’atterrir à la Juventus, a tenu à se montrer lucide : « L’équipe a bien joué. Je me sens bien personnellement, et c’est formidable de reprendre le jeu. On n’est pas encore au mieux physiquement, mais avec le ballon, on a montré de belles choses. »

Boga est l’un des rares joueurs à profil africain confirmé dans cet effectif bianconero. Né en France de parents ivoiriens, international ivoirien, il incarne cette passerelle entre les footballs européen et africain que les supporters du continent suivent avec attention. À 27 ans, il joue peut-être sa dernière grande carte dans un club du top européen. La Juventus lui offre une scène, à lui de la saisir.

Son passage à Sassuolo entre 2019 et 2022 reste sa meilleure période statistique. Depuis, sa carrière a pris un rythme moins régulier, entre blessures et difficultés à s’imposer à l’Atalanta. Ce premier match amical, même sans but, semble lui avoir redonné de l’élan.

Lichtsteiner de l’autre côté : la nostalgie ne nourrit pas un résultat

Stephan Lichtsteiner sur le banc adverse, c’est une image qui résume bien la nature de ces rencontres estivales. L’ex-arrière droit suisse a terminé sa carrière de joueur à Arsenal et à la Juventus, avant de se lancer dans le coaching. Le voilà désormais à la tête du FC Bâle, club historique de Super League suisse, habitué aux tours préliminaires de Ligue Europa ou de Conférence League.

Bâle a tenu le score face à une Juventus qui alignait pourtant des joueurs de Serie A. Le gardien bâlois a été décisif sur plusieurs occasions, ce qui a permis au club suisse de garder sa feuille blanche. Un carton rouge du côté de Bâle, concédé par Salvi en deuxième mi-temps, n’a pas changé l’issue du match.

Lichtsteiner a visiblement préparé cette rencontre avec sérieux. Difficile de lire des intentions tactiques profondes dans un match de préparation, mais la solidité défensive de Bâle face à un adversaire a priori supérieur est un bon signal pour le début de saison des Rhénans.

Les enjeux de la Juventus pour 2026-27 : pression maximale

La Juventus aborde cette nouvelle saison avec un impératif de résultats. Après plusieurs exercices décevants en Serie A — aucun titre de champion depuis la saison 2019-20 — le club turinois a décidé de confier les clés à Luciano Spalletti, figure reconnue du football italien, Champion d’Italie avec Naples en 2023 et ex-sélectionneur de la Squadra Azzurra.

L’Inter et le Napoli ont confirmé leur niveau lors du dernier exercice. L’AC Milan et la Roma restent des rivaux sérieux. La Juventus doit retrouver de la régularité en championnat, se qualifier pour la phase de groupes de Ligue des champions, et éviter les turbulences extrasportives qui ont parasité ses dernières saisons.

Sur le plan du mercato, des questions demeurent sur le milieu de terrain et l’attaque. Le recrutement de l’été 2026 n’est pas encore achevé, et les matchs de préparation servent aussi à Spalletti pour fixer ses priorités et adresser des messages à sa direction sportive. La présence simultanée de Douglas Luiz, Arthur et Miretti dans le même effectif soulève une évidence : il va falloir faire des choix.

La suite : un calendrier de préparation chargé

Ce match face à Bâle n’est que le point de départ. La Juventus va enchaîner les matchs amicaux au cours de l’été, avec une montée en puissance progressive attendue au fil des semaines. Les prochaines rencontres de préparation permettront à Spalletti de tester ses combinaisons offensives, affiner sa défense et trancher sur les rôles de chacun avant le coup d’envoi de la Serie A.

L’état physique d’Ekhator sera également un dossier à suivre de près. L’attaquant, sorti prématurément lors de ce premier match, devra rapidement montrer qu’il peut s’inscrire dans les plans du technicien pour la saison à venir.

Boga, lui, semble motivé et prêt. Spalletti a l’air de vouloir construire quelque chose de cohérent avec le ballon — il l’a dit clairement. Ce 0-0 face à Bâle ne dit rien de définitif, mais il plante le décor : une Juventus en reconstruction, avec des questions ouvertes, et un entraîneur qui sait exactement dans quelle direction il veut aller.

À retenir : un match de préparation propre mais sans but, des rotations massives, Perin décisif sur penalty, Boga encourageant, et Douglas Luiz qui cherche à se relancer. La Juventus de Spalletti se cherche encore — ce qui est normal en juillet — mais les premières tendances sont là.

Et vous : croyez-vous que Spalletti peut ramener le Scudetto à Turin dès cette saison, ou la reconstruction prendra-t-elle du temps ?

Source : Football Italia