Jack Grealish, 30 ans, n’a plus vraiment sa place dans le projet de Manchester City. Et Al Hilal, le club saoudien le plus huppé de la Saudi Pro League, aurait décidé de saisir l’opportunité. Selon les informations circulant dans la presse anglaise ce jeudi 29 juillet 2026, l’intérêt des Saoudiens pour l’international anglais est sérieux. Pas une rumeur de couloir — une piste concrète, avec une logique sportive et financière qui tient la route.
Pour comprendre ce que représente ce dossier, il faut revenir à ce qu’est devenu Grealish à City depuis deux saisons, et à ce qu’Al Hilal cherche à construire à Riyad.
Grealish à City : de la star annoncée au remplaçant de luxe
En août 2021, Manchester City dépensait 100 millions de livres sterling pour s’attacher les services de Jack Grealish — un transfert record pour un joueur anglais à l’époque. La promesse était immense : un dribbleur gaucher, capable de créer le surnombre, de provoquer, de combiner. Pep Guardiola en avait fait un choix fort, presque politique.
Cinq ans plus tard, le bilan est cruel. Sur les deux dernières saisons, Grealish n’a jamais réussi à s’imposer comme un titulaire régulier dans le système de City. Les rotations de Guardiola l’ont souvent relégué au rang d’option en cours de match. Ses stats offensives — buts et passes décisives — sont restées bien en deçà des attentes pour un joueur de son standing et de son prix.
Le blocage est aussi tactique. Dans un 4-3-3 ou un 3-2-4-1 très exigeant physiquement et mentalement, Grealish peine à peser sur les 90 minutes. Son profil de dribbleur technique, exceptionnel balle au pied dans des espaces réduits, ne correspond plus aux priorités de City, qui lui préfère des joueurs plus directs, plus verticaux, plus constants dans l’effort défensif.
Al Hilal : le projet saoudien qui vise toujours plus haut
Al Hilal n’est pas n’importe quel club. Basé à Riyad, c’est le club le plus titré d’Arabie saoudite, et l’un des plus riches du monde depuis que le Public Investment Fund (PIF) a mis la main sur les quatre grands clubs de la Saudi Pro League à l’été 2023. Depuis, la stratégie de recrutement est claire : attirer des joueurs de premier plan européen, en milieu ou en fin de contrat, ou dont la situation au club est compliquée.
Le coup Neymar en 2023 avait marqué les esprits. Ruben Neves, Kalidou Koulibaly, Aleksandar Mitrovic, Sergej Milinkovic-Savic : Al Hilal a accumulé les profils offensifs et techniques. L’arrivée de Grealish s’inscrirait dans cette même logique — un joueur à fort capital médiatique, reconnaissable mondialement, capable de faire vendre des maillots et d’élever le niveau technique du championnat.
Sur le plan sportif, un ailier gauche créatif comme Grealish apporterait de la fluidité dans le jeu de construction d’Al Hilal, qui alterne entre des phases très directes et des séquences de possession. Son profil de dribbleur, moins adapté à la Premier League dans sa version actuelle ultra-intensive, peut paradoxalement trouver un terrain plus favorable en Arabie, où le rythme est différent et où l’espace est parfois plus généreux.
Quel est le vrai intérêt de Grealish pour ce transfert ?
La question mérite d’être posée franchement. Jack Grealish a 30 ans. Il est encore sous contrat avec Manchester City jusqu’en 2027. Son salaire est déjà parmi les plus élevés de Premier League — autour de 300 000 livres par semaine selon les estimations relayées dans la presse anglaise.
Partir en Arabie saoudite à cet âge, c’est accepter de quitter le sommet du football européen, avec tout ce que cela implique pour la sélection nationale. L’équipe d’Angleterre reste une motivation forte pour Grealish, qui n’a pas encore tourné la page internationale. Une expatriation en Saudi Pro League réduirait mécaniquement ses chances d’être retenu par le sélectionneur anglais, même si les critères ont évolué ces dernières années.
Mais il y a l’autre versant. Si City décide de l’inclure dans une transaction ou simplement de lui faciliter le départ, un projet en Arabie avec un salaire doublé ou triplé peut devenir une option difficile à refuser — surtout quand les minutes en Premier League se font rares et que la Coupe du monde 2026 approche à grands pas.
Le précédent Benzema et les grandes signatures africaines en Saudi Pro League
Le feuilleton Grealish s’inscrit dans un mouvement de fond qui touche le football mondial depuis 2023. La Saudi Pro League a radicalement changé de visage. Karim Benzema, parti à Al Ittihad en juin 2023 après son Ballon d’Or, avait symbolisé l’accélération du projet saoudien. Depuis, des dizaines de joueurs de haut niveau ont suivi.
L’angle africain n’est pas absent de cette dynamique. Plusieurs internationaux africains évoluent aujourd’hui en Saudi Pro League : Kalidou Koulibaly (Sénégal) à Al Hilal justement, Riyad Mahrez (Algérie) à Al Ahli, ou encore Boulaye Dia qui avait un temps été associé à des clubs saoudiens. Pour les supporters marocains et africains, suivre la Saudi Pro League est devenu une habitude — le championnat concentre des profils suffisamment nombreux pour mériter l’attention.
Si Grealish débarque à Al Hilal, il retrouverait un vestiaire déjà très international, avec des coéquipiers dont certains ont une trajectoire européenne connue. Le choc des cultures footballistiques — entre la formation anglaise de Grealish, nourrie à Aston Villa et City — et l’environnement saoudien serait à surveiller de près.
La valeur marchande de Grealish : combien City peut-il en tirer ?
C’est la donnée financière centrale du dossier. Manchester City a payé 100 millions de livres en 2021. Cinq ans plus tard, quelle est la valeur de Grealish sur le marché ?
Les sites spécialisés en valorisation de joueurs le situent aujourd’hui dans une fourchette nettement inférieure — entre 20 et 35 millions d’euros selon les estimations, en fonction du temps de jeu réel et de la durée du contrat restant. City, qui doit composer avec les règles du fair-play financier de la Premier League, aurait tout intérêt à récupérer du cash cet été plutôt que de voir Grealish partir libre dans un an.
Al Hilal, soutenu par le PIF, n’a pas de problème de trésorerie. Une offre entre 20 et 30 millions de livres, assortie d’un contrat XXL pour le joueur, serait dans les cordes du club saoudien. Et pour City, ce serait l’occasion de libérer une masse salariale conséquente pour financer d’autres recrues.
Et maintenant : les prochaines étapes à surveiller
Le mercato estival 2026 ferme ses portes le 31 août dans la plupart des grands championnats européens. Pour la Saudi Pro League, la fenêtre de transferts peut parfois rester ouverte un peu plus longtemps, ce qui laisse de la marge pour finaliser ce genre de dossier.
Plusieurs signaux permettront de savoir si cette piste devient réelle :
- La présence (ou l’absence) de Grealish dans la présaison de Manchester City : s’il est écarté des tournées et matches de préparation, le message sera clair.
- Une offre officielle d’Al Hilal : pour l’instant, il s’agit d’un intérêt. La différence entre l’intérêt et l’offre concrète, c’est souvent une question de semaines dans ce type de dossier.
- La position publique de Grealish : jusqu’ici, le joueur n’a pas commenté. Son attitude lors des prochains entraînements ou sa communication sur les réseaux sociaux sera scrutée.
- Les besoins de City au mercato : si Guardiola cherche à recruter un ailier gauche ou un meneur, la libération d’une place pour Grealish s’imposera naturellement.
Ce dossier illustre parfaitement la nouvelle géographie du football mondial. La Saudi Pro League n’est plus une destination de fin de carrière — elle est devenue un vrai choix de carrière, parfois à 28 ou 30 ans, pour des joueurs qui cherchent de la reconnaissance, du temps de jeu et une rémunération à la hauteur de leur nom.
À retenir : Jack Grealish, marginalisé à Manchester City, attire l’intérêt d’Al Hilal. Le prix d’achat potentiel, la dynamique du club saoudien et l’âge du joueur font de ce transfert une hypothèse crédible — à condition que le joueur accepte de quitter la Premier League. Le dossier pourrait s’accélérer dans les prochaines semaines, avant la fermeture du mercato.
Et vous : pensez-vous que Grealish a encore sa place dans un grand club européen, ou le projet saoudien représente-t-il la meilleure option pour relancer sa carrière ?
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Source : Sky Sports








