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Openda à l’OL : le retour aux sources d’un attaquant à relancer

Deux buts en 34 matchs. Le bilan de Loïs Openda à la Juventus Turin résume à lui seul une saison que l’attaquant belge préférerait oublier. À 26 ans, l’ancien buteur du RC Lens débarque à l’Olympique Lyonnais sous forme de prêt, avec un objectif simple et brutal : retrouver le football qui l’avait rendu indispensable en Ligue 1, avant que le grand saut vers l’Italie ne tourne court.

Ce n’est pas n’importe quel attaquant qui pose ses valises à Lyon. C’est un joueur qui, à Bollaert, avait fait trembler les défenses de l’élite française. Un joueur que le grand public européen avait découvert sous ses meilleurs jours à Leipzig, et qui s’est retrouvé fantôme dans les couloirs du stade Allianz de Turin. Le prêt à l’OL, c’est une deuxième chance. Et dans ce métier, les deuxièmes chances, on ne les gâche pas deux fois.

De Lens à Leipzig, l’ascension fulgurante d’Openda

Pour comprendre ce que représente ce prêt à Lyon, il faut rembobiner. Loïs Openda est arrivé au RC Lens lors de la saison 2022-2023, en provenance du Club de Bruges. Les Sang et Or venaient de terminer septièmes de Ligue 1 ; ils allaient, avec lui dans leurs rangs, accrocher une deuxième place historique et retrouver la Ligue des champions.

Sa saison lensoise ? 21 buts et 7 passes décisives en Ligue 1, dans un collectif huilé, porté par le pressing vertical de Franck Haise. Openda y était le point de fixation offensif idéal : explosif dans les transitions, redoutable dans le dos des défenseurs, insaisissable dans les espaces. Ce rendement a suffi à convaincre le RB Leipzig de l’enrôler pour 40 millions d’euros à l’été 2023.

En Bundesliga, il a confirmé. Pas au même niveau d’enthousiasme collectif qu’à Lens, mais avec des chiffres solides dans un système allemand exigeant physiquement. La sélection belge lui a fait confiance, l’Euro 2024 est venu, et Openda semblait lancé sur une trajectoire haute. Puis la Juventus.

Turin, l’hiver long d’un attaquant invisible

Ce transfert à la Juventus restait, jusqu’à cette saison, entouré d’un certain flou quant aux conditions exactes de son arrivée dans le Piémont. Toujours est-il que le résultat est là, noir sur blanc : deux buts en 34 rencontres toutes compétitions confondues. Un chiffre qui, pour un attaquant de pointe recruté à prix fort par un club de Serie A, constitue un vrai échec statistique.

Les raisons de cette traversée du désert sont multiples, et probablement imbriquées. La Serie A est une ligue défensive, physique, où les avant-centres isolés souffrent quand le collectif tourne mal. La Juventus 2024-2025 n’a pas été le club souverain des grandes années ; l’équipe a tâtonné tactiquement, cherché son identité, alterné les systèmes. Dans ce contexte chaotique, un attaquant qui a besoin de mouvements et d’espaces pour exister s’est retrouvé asphyxié.

Il y a aussi, vraisemblablement, une part psychologique. Openda est un joueur qui carbure à la confiance, au rythme, à la continuité. Les rares titularisations, les sorties prématurées, les systèmes changeants ont probablement pesé sur son moral et sa densité physique. À 26 ans, on n’est pas encore assez blindé pour traverser ça sans séquelles.

Lyon, un choix de raison mais aussi de cœur

Pourquoi l’OL ? La géographie y répond en partie : la Ligue 1, Openda la connaît. Il sait ce qu’elle exige, il en connaît les rythmes, les pièges, les grandes affiches. Revenir en France, c’est revenir dans une zone de confort relative — sans que ce soit du tout un retour en arrière. L’Olympique Lyonnais de 2025-2026 a des ambitions européennes, joue un football ambitieux, et dispose d’un projet sportif sérieux.

L’autre raison, celle que le titre de cette actualité souligne joliment : Openda n’a pas oublié Lens. C’est dans ce club qu’il s’est révélé en France, c’est là qu’il a vécu les soirées les plus intenses de sa carrière lensoise. Lyon n’est pas Lens, évidemment — les deux clubs sont rivaux de prestige, de statut, d’histoire. Mais la Ligue 1, c’est la même ligue, et retrouver ce championnat signifie retrouver les conditions dans lesquelles il a été le meilleur.

Le prêt est la formule logique. La Juventus ne voulait probablement pas brader un joueur qu’elle a payé cher ; l’OL, dans une logique d’optimisation budgétaire encadrée par son actionnaire américain, préfère tester avant d’acheter. Une option d’achat serait dans les tuyaux, selon les premières informations, mais rien n’est encore formalisé.

Ce que Lyon attend tactiquement de lui

L’OL a besoin d’un attaquant capable de peser seul sur une défense, de provoquer, d’éliminer. Openda est un neuf atypique : il n’est pas un pivot, il ne gagne pas ses duels dos au but par la puissance, mais il compense par une vitesse de démarrage et une lecture des lignes de passe particulièrement affûtées. Dans un système à deux attaquants ou avec un soutien de meneur de jeu dans son dos, il peut retrouver sa meilleure version.

La clé sera l’animation autour de lui. À Lens, Haise avait construit un collectif entier autour de ses déplacements — les milieux de terrain montaient haut, les ailiers rentraient dans l’axe pour créer des décalages, les latéraux débordaient pour étirer les blocs. Si Lyon lui offre un environnement similaire, avec des partenaires qui comprennent son football d’espaces, il peut vite retrouver de l’efficacité.

L’autre facteur : le temps de jeu continu. Openda ne peut pas fonctionner en rotation. Il a besoin d’une série de matchs pour trouver le rythme, se sentir de nouveau décisif, reprendre confiance en ses appuis et ses instincts. Le staff lyonnais devra lui accorder cette continuité, même si les premiers matchs sont compliqués.

Les enjeux d’une saison qui peut tout changer

Pour Openda, les enjeux dépassent largement ce simple prêt de six mois ou d’une saison. Sa place en sélection belge est en jeu. Les Diables Rouges entament un nouveau cycle, et un attaquant qui ne joue pas ou qui joue sans briller perd rapidement sa place dans les listes. À 26 ans, Openda est dans la période idéale pour s’imposer comme pilier de l’équipe nationale — mais pour cela, il faut exister en club.

Il y a aussi la question de son avenir contractuel avec la Juventus. Un prêt réussi à Lyon peut rebattre les cartes : soit le club toscan le réintègre dans ses plans, soit l’OL active une option d’achat, soit un troisième club s’invite dans la danse. Un prêt raté, à l’inverse, risque de fermer des portes rapidement. Le football, à ce niveau, ne pardonne pas deux saisons blanches d’affilée.

Du côté de Lyon, l’enjeu est aussi réel. Si Openda retrouve son niveau lensois, l’OL tient un attaquant de classe internationale, capable de faire la différence dans les grands matchs de Ligue 1 et potentiellement en compétition européenne. Le rapport qualité-investissement d’un prêt réussi serait excellent pour un club qui cherche à optimiser ses ressources.

L’angle belge, et ce que la France du football attend de voir

Openda est belge, mais son histoire en France est intimement liée aux supporters du nord. À Lens, il est resté dans les mémoires comme l’un des éléments clés de la meilleure saison moderne du club. Les fans des Sang et Or observeront ce prêt avec un mélange de nostalgie et de curiosité — sans trop de jalousie envers Lyon, club qu’ils côtoient en Ligue 1 sans en faire leur rival direct.

Pour le football francophone au sens large — supporters marocains et africains inclus, qui suivent assidûment la Ligue 1 —, le retour d’Openda au premier plan serait une bonne nouvelle. Le championnat de France gagnerait en attractivité avec un attaquant de son calibre retrouvant son meilleur niveau. Et Lyon, club historique avec une base de supporters étendue bien au-delà des frontières hexagonales, offre une visibilité maximale.

Ce qu’il faut retenir et surveiller

Loïs Openda arrive à l’OL avec une mission claire : retrouver le football qui avait fait de lui l’un des meilleurs attaquants de Ligue 1 lors de la saison 2022-2023. La Juventus n’a pas su — ou pas pu — lui donner les conditions pour s’exprimer. Lyon doit faire mieux.

Les premières semaines de préparation seront révélatrices. Son intégration tactique dans le système lyonnais, sa condition physique, ses premiers matchs officiels : autant de signaux à surveiller de près. La Ligue 1 reprend ses droits, et avec elle, la chance pour Openda de se rappeler au bon souvenir de ceux qui l’ont vu éclater à Bollaert.

Un attaquant de 26 ans avec son profil ne doit pas rester longtemps dans le flou. Cette saison à Lyon, c’est le moment de trancher — et de prouver que la parenthèse italienne n’était qu’un accident de parcours.

Source : Foot Mercato