Tarik Muharemovic n’aura pas à attendre longtemps pour connaître la suite de sa carrière. À 23 ans, le défenseur central de Sassuolo est courtisé par quatre clubs de Premier League — Newcastle United, Sunderland, Leeds United et Bournemouth — pour un montant estimé à 40 millions d’euros. Pendant ce temps, la Juventus, qui disposait d’un droit de rachat à moitié prix, tergiverses. Un flottement turinois qui profite aux Anglais.
Pourquoi Muharemovic est soudain au centre de toutes les convoitises
Le timing n’est pas anodin. La Coupe du monde 2026 a offert à Muharemovic une vitrine planétaire qu’une saison en Serie A, aussi solide soit-elle, ne peut pas égaler. Le défenseur bosnien a multiplié les prestations convaincantes sous le maillot de la Bosnie-Herzégovine, face à des attaquants de rang mondial. Les recruteurs présents dans les stades nord-américains ont eu le temps de l’évaluer sous pression, dans un contexte bien différent des joutes du championnat italien.
En club, sa saison avec les Neroverdi a confirmé les signaux positifs. Sassuolo, promu cette saison et régulièrement confronté à des équipes de haut de tableau, a eu besoin d’un défenseur capable de tenir face à des attaquants de calibre Serie A. Muharemovic a répondu présent, avec une solidité défensive et une capacité à relancer qui lui ont valu une cote croissante sur le marché européen.
Résultat : Sassuolo réclame 40 millions d’euros pour s’en séparer. Un tarif qui reflète la loi du marché actuel pour un défenseur central de 23 ans, international, avec deux saisons de Serie A dans les jambes et un Mondial en vitrine.
La Juventus, un droit de rachat en or… mais des doutes persistants
L’histoire entre Muharemovic et Turin ne commence pas aujourd’hui. Le joueur a été formé à la Juventus, qui l’a vendu à Sassuolo pour seulement 2 millions d’euros. Clairvoyants ou prudents ? Les deux, peut-être. Car en négociant ce transfert, les dirigeants bianconeri ont pris soin d’insérer une clause : 50 % de la plus-value reviendrait à la Juventus en cas de revente. Ce mécanisme, courant dans le football italien, transforme mécaniquement l’équation financière.
Concrètement, si Sassuolo vend à 40 millions, la Juventus récupère 19 millions au titre de cette clause. Ce qui revient à dire que si les Turinois décident eux-mêmes de le recruter, ils n’ont à débourser que la moitié du prix, soit environ 20 millions d’euros. Un avantage compétitif considérable sur n’importe quel club étranger.
Alors pourquoi la Juventus hésite-t-elle ? Plusieurs raisons peuvent expliquer ce manque d’empressement. La Juve gère un effectif en reconstruction, des contraintes budgétaires réelles depuis plusieurs exercices, et la question du poste de défenseur central est peut-être déjà traitée en interne ou via d’autres pistes. Ce silence turinois — qu’il soit stratégique ou révélateur d’un désintérêt croissant — laisse en tout cas le champ libre aux prétendants anglais.
Newcastle, Sunderland, Leeds, Bournemouth : quatre projets, quatre logiques différentes
Que quatre clubs de Premier League se positionnent simultanément sur le même défenseur dit quelque chose du profil de Muharemovic : polyvalent, encore jeune, et valorisable à long terme. Mais chacun de ces clubs n’a pas le même projet ni les mêmes ambitions.
Newcastle United, d’abord. Le club de la Tyne a clairement l’ambition de se stabiliser parmi les cinq premiers de Premier League et de rayonner en coupe d’Europe. Un défenseur central de 23 ans, capable de s’imposer en Serie A et dans un grand tournoi international, correspond exactement au profil de recrutement que les Saoudiens d’Amanda Staveley ont dessiné ces dernières années : jeunes talents à fort potentiel, achetés avant l’explosion définitive de leur valeur marchande.
Sunderland, de son côté, est un tout autre monde. Le club nordiste vient de retrouver l’élite après des années de galère en Championship. Recruter un défenseur à 40 millions serait un signal fort envoyé à ses supporters et au marché, mais aussi un pari financier audacieux pour un promu.
Leeds United s’inscrit dans une logique similaire à Sunderland si les Peacocks viennent effectivement d’être promus ou de consolider leur retour en Premier League. Un défenseur de ce calibre aiderait à structurer une arrière-garde en construction.
Bournemouth, enfin, s’est forgé une vraie identité de recruteur malin sur le marché européen ces dernières saisons. Les Cherries ont l’habitude de cibler des joueurs sous-cotés ou en pleine émergence, et Muharemovic correspond à ce profil. À 40 millions, l’investissement serait plus conséquent que leurs habitudes, mais la Coupe du monde change parfois les calculs.
Le profil tactique : pourquoi il plaît autant aux entraîneurs modernes
Un défenseur qui intéresse simultanément des clubs aux styles aussi différents n’est pas un profil ordinaire. Muharemovic est, selon les observateurs de Serie A, un défenseur à l’aise dans les lignes hautes, capable de sortir proprement le ballon en première passe et de défendre en un contre un sur de grands espaces.
Ce type de profil — le défenseur central mobile, relanceur, à l’aise dans les systèmes à trois ou à quatre défenseurs — est précisément ce que la Premier League s’arrache depuis plusieurs années. Le championnat anglais, avec son intensité physique et ses transitions rapides, récompense les défenseurs qui combinent lecture du jeu et capacité à presser haut. Muharemovic a montré ces qualités en Serie A, dans un championnat certes moins intense physiquement, mais tactiquement exigeant.
Sa polyvalence serait un atout supplémentaire pour un entraîneur comme Eddie Howe à Newcastle, qui utilise régulièrement des systèmes à trois défenseurs selon les adversaires. À Bournemouth, Andoni Iraola est connu pour son pressing intense et sa défense haut du terrain — un cadre qui conviendrait parfaitement à un défenseur jeune et athlétique.
Quel angle bosnien dans un mercato dominé par les grands noms ?
La Bosnie-Herzégovine n’est pas une nation qui peuple régulièrement les mercatos de Premier League. Avant Muharemovic, peu de joueurs bosniens ont réussi à s’imposer durablement dans l’élite anglaise. Ce contexte rend son parcours d’autant plus remarquable : formé en Italie, révélé en Serie A, propulsé sur la scène mondiale lors du Mondial 2026, le voilà aujourd’hui à un carrefour.
Pour le football bosnien, une telle vente serait un signal fort. Un défenseur central à 40 millions d’euros sur le marché européen, c’est une rareté pour ce pays. Cela positionnerait Muharemovic comme la figure de proue d’une génération qui tente de s’imposer durablement dans les grandes ligues européennes.
Pour les supporters francophones qui suivent de près le foot d’Afrique et des Balkans, cette trajectoire résonne. Elle rappelle celle de nombreux joueurs formés dans de grands clubs européens, revendus pour quelques millions, et qui reviennent au sommet par la porte de derrière — après avoir mûri dans un club de développement comme Sassuolo.
Ce que Sassuolo va faire de 40 millions d’euros
La question mérite d’être posée. Sassuolo, club formateur par excellence, a construit son modèle économique sur la vente de talents. Domenico Berardi, Manuel Locatelli, Gianluca Scamacca, Davide Frattesi : les Neroverdi ont régulièrement produit des joueurs à fort potentiel de revente. Muharemovic s’inscrit dans cette lignée.
40 millions d’euros représenteraient l’une des plus belles ventes de l’histoire du club. Pour Sassuolo, en pleine reconstruction après des années difficiles en Serie B suivies du retour en Serie A, cette rentrée d’argent serait déterminante pour financer le recrutement du prochain exercice et consolider le projet sportif.
La suite : Juventus ou Premier League, une décision attendue avant la reprise
L’été avance, et les délais du marché des transferts poussent chacun à se décider. La Juventus ne peut pas indéfiniment bloquer l’avenir de Muharemovic sans s’exprimer clairement. Si les Bianconeri passent leur tour, les quatre clubs anglais auront le champ libre pour formuler une offre formelle à Sassuolo.
À retenir : Tarik Muharemovic, 23 ans, est l’un des dossiers les plus chauds du mercato estival 2026. Révélé à la Coupe du monde, valorisé à 40 M€ par Sassuolo, il attire Newcastle, Sunderland, Leeds et Bournemouth pendant que la Juventus temporise avec son avantage financier. Le prochain mouvement turinois déterminera tout.
Et vous ? Quel serait, selon vous, le meilleur club pour le développement de Muharemovic — la stabilité tactique de Newcastle ou le projet ambitieux d’un promu comme Sunderland ?
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Source : Football Italia








