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Zidane et les Bleus : Diallo parle, le feuilleton s’emballe

C’était la question que toute la France du football attendait. En marge de la petite finale de la Coupe du Monde 2026 face à l’Angleterre, Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football, a enfin pris la parole sur l’avenir de Zinedine Zidane sur le banc des Bleus. Un bilan positif du parcours français, et une annonce qui relance immédiatement le feuilleton de l’été.

Les Bleus terminent ce Mondial nord-américain à la quatrième place. Pas le podium rêvé, mais un trajet qui a remis la sélection tricolore en lumière après des mois de turbulences. Et maintenant ? La question du sélectionneur redevient centrale, au moment précis où la Coupe du Monde se referme.

Ce que Diallo a vraiment dit sur Zidane

Devant les caméras de beIN Sports, Philippe Diallo a tenu un discours mesuré mais lourd de sens. Le président de la FFF a dressé un bilan « plutôt positif » du parcours des Bleus dans ce tournoi. Une formulation qui n’est pas anodine : elle ouvre une porte sans en claquer une autre.

Sur la question Zidane spécifiquement, Diallo n’a pas fermé le dossier. Sans confirmer ni infirmer un accord imminent, il a laissé entendre que la réflexion était en cours, que les discussions se poursuivaient dans un cadre serein. Pour les observateurs, c’est un signal. Dans le monde feutré des fédérations, ce genre de non-démenti vaut souvent confirmation à retardement.

Le contexte mérite d’être rappelé : Zidane n’a pas entraîné au plus haut niveau depuis son départ du Real Madrid en mai 2021. Cinq ans sans banc de touche, mais une présence médiatique constante, des rumeurs récurrentes avec la Juventus, le PSG, le Brésil — et toujours cette obsession française de le voir prendre les rênes de l’équipe nationale. Ce Mondial, pour la FFF, était peut-être le moment d’accélérer.

Un parcours des Bleus qui plaide pour la continuité

Aller en demi-finale d’une Coupe du Monde, même en terminant quatrième, ce n’est pas un échec. La France a traversé la phase de groupes sans trembler, s’est qualifiée dans un tournoi à 48 équipes où les calculs se compliquent, et a su éliminer des adversaires sérieux avant de buter sur une demi-finale cruelle.

Le sélectionneur en place — Didier Deschamps avait quitté son poste après l’Euro 2024 — a laissé une sélection mieux construite tactiquement que ce que la critique voulait bien reconnaître. Le groupe a montré de la solidité défensive, une vraie animation en transition, et des individualités capables de peser sur les grands matchs.

Ce bilan, Diallo l’a mis en avant. Et c’est précisément parce que le parcours est jugé positif qu’une question s’impose : faut-il changer quelque chose, ou capitaliser sur ce qui a été construit ? La réponse à cette question oriente directement le dossier Zidane.

Pourquoi la piste Zidane reste unique en son genre

Il faut comprendre ce que représente Zinedine Zidane pour l’équipe de France, au-delà du symbole. Trois Ligue des Champions consécutives avec le Real Madrid (2016, 2017, 2018), une Liga, une Supercoupe d’Europe. En tant que joueur, 1998 reste gravé dans toutes les mémoires : la finale contre le Brésil, les deux buts de la tête, un pays soulevé. Ce palmarès place Zidane dans une catégorie à part parmi les entraîneurs disponibles sur le marché.

Mais il y a un revers. Son retour sur un banc après cinq ans d’absence soulève des interrogations légitimes. Le football a changé. Les staffs techniques sont devenus plus complexes. La data, les exigences physiques, la gestion des réseaux sociaux dans les vestiaires — autant d’environnements qui ont évolué depuis 2021. Zidane saura-t-il s’adapter, lui qui n’a connu que le Real Madrid comme club entraîné ?

La réponse des partisans est simple : son charisme, son autorité naturelle et sa connaissance de l’élite compensent largement. Et puis, qui d’autre a ce niveau d’adhésion dans un vestiaire français ? La question reste ouverte, mais elle se pose avec moins d’urgence qu’avant ce Mondial.

L’enjeu pour les joueurs franco-africains et la sélection marocaine

Ce feuilleton ne concerne pas que les supporters hexagonaux. Dans les rangs des joueurs binationaux, l’identité du futur sélectionneur des Bleus a toujours pesé dans les arbitrages. Plusieurs jeunes talents aux origines marocaines ou africaines font régulièrement l’objet d’un choix de sélection : les Équipes de France des jeunes les courtisent, la sélection marocaine aussi.

Le nom de Zidane, fils de l’immigration algérienne, porte une charge symbolique particulière dans ces communautés. Lui à la tête des Bleus, c’est un message envoyé à toute une génération de joueurs qui se reconnaissent dans ce parcours. Plusieurs acteurs du circuit des jeunes le disent en privé : un sélectionneur comme Zidane rendrait les arbitrages plus difficiles pour la Fédération Royale marocaine.

La FRMF le sait. Walid Regragui a fait un travail remarquable avec les Lions de l’Atlas depuis le Mondial 2022 au Qatar — la demi-finale reste un moment historique pour le football africain. Mais si Zidane s’installe à Clairefontaine, la dynamique d’attraction des talents binationaux pourrait se modifier. C’est un enjeu géopolitique du football que personne ne dit à voix haute, mais que tout le monde calcule.

Les précédents historiques qui éclairent la décision de la FFF

La France a toujours eu une relation particulière avec ses sélectionneurs nationaux. Michel Hidalgo avait su lancer une génération. Aimé Jacquet, critiqué avant 1998, est devenu une légende. Raymond Domenech a illustré ce que coûte un mauvais choix. Et Didier Deschamps a tenu douze ans, traversant des sommets (le titre mondial 2018) et des tempêtes (la finale perdue en 2022, l’Euro 2024).

À chaque transition, la FFF a dû gérer la pression médiatique, les attentes des joueurs et les ambitions politiques internes. Le choix du successeur de Deschamps a déjà donné lieu à des débats intenses. L’intérim post-Euro 2024 a servi de transition. Ce Mondial 2026, quel qu’en soit le bilan, referme un cycle.

Historiquement, la France prend ses décisions sur le sélectionneur dans les semaines qui suivent une compétition majeure. Le calendrier pousse à trancher vite : les qualifications pour l’Euro 2028 débuteront à l’automne. Un sélectionneur nommé en août ou septembre aura deux ou trois rassemblements pour poser ses bases. Attendre davantage serait une faute de gestion.

Ce que la suite va révéler

Plusieurs échéances vont structurer les prochaines semaines. D’abord, la petite finale France-Angleterre elle-même : comment les Bleus se comportent-ils dans un match sans enjeu direct ? La réponse dira beaucoup sur l’état d’esprit du groupe et la capacité du staff à mobiliser après une demi-finale perdue — un test de caractère souvent révélateur.

Ensuite, les tractations entre Diallo et l’entourage de Zidane vont entrer dans une phase décisive. Les deux parties se connaissent, les discussions ne datent pas d’hier. La vraie question est celle du projet sportif : quel degré de liberté pour le futur sélectionneur ? Quelle influence sur les convocations, le staff, la philosophie de jeu ? Zidane a toujours voulu garder la main sur ses décisions.

Enfin, le mercato estival va rebattre les cartes. Plusieurs cadres des Bleus sont attendus dans de grands clubs européens. La composition du groupe pour les premières échéances de qualification pourrait déjà porter la marque du nouveau sélectionneur — si tant est qu’il soit nommé à temps.

À retenir

Philippe Diallo a confirmé un bilan positif pour les Bleus à ce Mondial 2026 et laissé la porte ouverte au dossier Zidane sans le trancher publiquement. C’est le jeu habituel des fédérations avant une nomination sensible. Les semaines qui viennent seront déterminantes : la France a besoin d’un sélectionneur en place avant l’automne, et Zidane reste, pour l’heure, le nom qui concentre toutes les attentions.

Pour les supporters marocains et africains qui suivent de près ces arbitrages, l’identité du futur patron des Bleus compte au-delà du seul terrain. Le football de sélection, c’est aussi ça : une politique, des symboles, des destins qui se jouent en coulisses.

Et vous — pensez-vous que Zidane est l’homme qu’il faut pour relancer les Bleus, ou le risque est-il trop grand après cinq ans sans banc ?

Source : Foot Mercato