Il y a des retrouvailles qui ont une logique footballistique implacable. Ruben Amorim vient à peine de poser ses valises à Milan que son premier coup de fil serait pour un homme qu’il connaît par cœur : Noussair Mazraoui. Le défenseur marocain de Manchester United, sous contrat jusqu’en juin 2028, est apparu sur la liste de courses du nouvel entraîneur de l’AC Milan. Une piste qui n’a rien d’anodin — et qui pourrait bien agiter un été déjà chargé pour les Red Devils.
Les premières informations venues d’Italie, relayées notamment par Calciomercato, font état de discussions préliminaires entre l’entourage du joueur et les dirigeants rossoneri. Aucun contact club-à-club pour l’instant. Mais la machine est en marche.
Pourquoi Amorim veut absolument Mazraoui à Milan
La réponse est presque trop simple : Amorim connaît Mazraoui mieux que quiconque dans ce dossier. C’est lui qui a convaincu le club mancunien de recruter le latéral marocain à l’été 2024, en provenance du Bayern Munich. Il a travaillé avec lui pendant plusieurs mois à Old Trafford, lui a appris ses exigences tactiques, ses rotations défensives, ses demandes en termes de pressing haut.
Quand un entraîneur change de club, il cherche toujours à recréer une ossature familière. Amorim ne déroge pas à la règle. Mazraoui est un joueur qu’il peut faire jouer immédiatement, sans période d’adaptation, sans temps de rodage. Dans un mercato estival où chaque semaine compte pour construire une équipe compétitive dès la reprise de Serie A, cet argument pèse lourd.
L’autre facteur, plus conjoncturel : le départ possible de Pervis Estupiñán, ciblé par Aston Villa. Si l’Équatorien quitte San Siro, Milan se retrouve avec un vide latéral à combler d’urgence. Mazraoui, capable d’évoluer à droite comme à gauche et même en défense centrale, représente exactement le profil polyvalent qu’Amorim chérit dans ses systèmes en trois défenseurs.
Manchester United ne veut pas vendre — et la position de Carrick compte
Du côté de Manchester, le message est clair : United ne cherche pas à se séparer de Mazraoui. Michael Carrick, qui supervise désormais la gestion de l’effectif, considère le défenseur marocain comme un atout précieux dans la rotation défensive. Et les arguments ne manquent pas.
À 27 ans, Mazraoui est dans la pleine maturité d’un latéral moderne. Sa capacité à jouer à droite, à gauche, en piston dans un système à cinq défenseurs ou en défense centrale en dépannage, représente une flexibilité tactique que peu de clubs peuvent s’offrir dans leur effectif. Sur une saison longue — Premier League, Coupe d’Europe, coupes nationales — ce type de profil vaut de l’or.
Son contrat court jusqu’en juin 2028, avec une option pour une saison supplémentaire. United n’est donc pas dos au mur. Le club peut se permettre d’attendre, de refuser une première offre, voire d’ignorer complètement la piste milanaise si Mazraoui lui-même ne réclame pas son départ. C’est là que réside le véritable nœud du dossier.
La clé du transfert : la position de Mazraoui
Dans ce type de dossier, le joueur est souvent l’arbitre final. United peut poser un prix dissuasif, Milan peut faire des appels du pied médiatiques via la presse italienne — mais si Mazraoui ne demande pas à partir, rien ne se passe vraiment.
La question est donc de savoir si la perspective de retrouver Amorim, dans un club historique comme l’AC Milan, dans un championnat différent et avec la promesse d’un temps de jeu plus régulier, suffit à faire pencher la balance. À Manchester, Mazraoui n’a pas toujours été un titulaire indiscutable. Sa première saison sous Amorim a été marquée par des hauts et des bas, des blessures et une concurrence réelle dans le couloir droit.
Milan, en revanche, pourrait lui offrir un statut de titulaire quasi garanti. C’est une promesse que les joueurs ne refusent pas toujours, même quand leur contrat est solide et leur club difficile à quitter. La Serie A, compétition relevée et médiatiquement exposée à l’échelle mondiale, n’a rien d’une retraite anticipée.
Mazraoui, Lion de l’Atlas au cœur du mercato : l’angle marocain
Pour les supporters marocains, ce dossier prend une dimension particulière. Noussair Mazraoui est l’un des défenseurs les plus reconnus du continent africain, et son parcours depuis les académies de l’Ajax Amsterdam jusqu’à Old Trafford en passant par le Bayern Munich est devenu une référence pour toute une génération.
Il a contribué à la campagne historique du Maroc lors de la Coupe du monde 2022, où les Lions de l’Atlas ont atteint les demi-finales — une première absolue pour une nation africaine dans l’histoire du tournoi. Depuis, chacune de ses décisions de carrière est scrutée avec une attention particulière au Maghreb et sur tout le continent.
Un transfert vers l’AC Milan ne serait pas qu’un simple mouvement mercato. Ce serait une nouvelle étape dans une trajectoire qui fait du bien au football africain : un joueur formé au Maroc, capable de s’imposer dans les plus grands clubs européens, qui continuerait d’évoluer au plus haut niveau. Pour la visibilité du football marocain en Serie A, l’arrivée de Mazraoui à Milan aurait une résonance symbolique certaine.
Ce que ce dossier révèle sur l’AC Milan version Amorim
La nomination d’Amorim sur le banc de l’AC Milan en juin 2026 a fait l’effet d’une bombe dans le monde des entraîneurs européens. Le Portugais, révélé au grand public lors de son passage au Sporting CP — où il avait remporté le titre de champion du Portugal avec un 3-4-3 dévastateur — avait ensuite tenté de transposer son modèle à Manchester United avec des résultats mitigés.
À Milan, il repart avec une ardoise vierge et l’ambition déclarée de remettre les Rossoneri dans la course au Scudetto et en Ligue des champions. Son recrutement de l’été donne déjà des indications sur sa philosophie : il veut des joueurs qui connaissent ses demandes, qui peuvent jouer haut, presser, et s’adapter à une défense à trois axiale avec des pistons très actifs.
Mazraoui coche toutes ces cases. Techniquement propre, athlétique, capable de combiner court et de projeter des relances longues, il correspond au profil de latéral — ou de piston droit — qu’Amorim a toujours privilégié. Si Milan réussit à le recruter, cela enverrait un signal fort sur la cohérence du projet sportif du nouvel entraîneur.
Le prix et les conditions : United ne braderait pas
Sur le plan financier, ce dossier pourrait rapidement devenir tendu. Mazraoui a été recruté pour environ 15 millions d’euros lors de son arrivée à United depuis le Bayern — une somme modeste pour un joueur de son calibre, qui s’expliquait par sa situation contractuelle de l’époque. Depuis, sa valeur marchande s’est consolidée. Les estimations actuelles le situent entre 25 et 35 millions d’euros selon les plateformes spécialisées.
United, conscient qu’il ne cherche pas à vendre, devrait fixer ses exigences au-delà de cette fourchette pour compenser la perte d’un joueur difficile à remplacer à court terme. Aider Amorim à reconstruire Milan à prix cassé serait une erreur de gestion que les dirigeants mancuniens ne peuvent pas se permettre, surtout dans un contexte où l’équipe cherche elle-même à se stabiliser après une période de turbulences.
Le timing joue aussi un rôle : plus le mercato avance vers la fin août, plus la pression monte sur Milan pour boucler son recrutement. United pourrait utiliser cet effet calendrier comme levier pour imposer ses conditions.
Ce qu’il faut retenir et surveiller dans les prochaines semaines
Le dossier Mazraoui-Milan est réel, alimenté par la volonté d’Amorim de s’entourer de joueurs qu’il maîtrise. Mais plusieurs verrous restent en place.
- La position de Mazraoui lui-même : s’il ne réclame pas le transfert, United a toutes les cartes pour bloquer la sortie.
- Le départ d’Estupiñán : si l’Équatorien reste à Milan, l’urgence du recrutement d’un latéral diminue.
- Le prix demandé par United : les Red Devils peuvent rendre la négociation trop coûteuse pour Milan.
- La concurrence sur ce poste : d’autres noms pourraient émerger sur la liste d’Amorim si Mazraoui reste hors de portée.
À retenir : un dossier qui dit beaucoup sur les ambitions d’Amorim à Milan et sur les défis de recrutement d’United cet été. La prochaine étape décisive sera l’ouverture d’un contact direct entre les deux clubs — ou la décision de Mazraoui de couper court à la rumeur en confirmant publiquement sa volonté de rester en Angleterre.
Et vous, pensez-vous que Mazraoui devrait tenter l’aventure milanaise avec Amorim, ou rester se battre pour une place à Old Trafford ?
Sur le même sujet :
Source : CaughtOffside








