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Iliman Ndiaye à Al-Hilal : son père dément, le flou demeure

Un père qui prend la parole en vidéo sur les réseaux sociaux pour démentir un transfert : ce n’est pas banal. Et pourtant, c’est exactement ce qu’a fait le père d’Iliman Ndiaye ce mercredi, alors que plusieurs médias affirmaient qu’un accord était trouvé entre le milieu offensif sénégalais et Al-Hilal, le mastodonte saoudien de Riyad. Le message était clair : non, son fils ne s’en va pas en Arabie Saoudite. Du moins, pas dans les conditions décrites.

Reste que dans le mercato, un démenti familial ne ferme pas toujours définitivement une porte. Le dossier Ndiaye mérite qu’on le regarde en face : qui est vraiment ce joueur, où en est sa carrière, et pourquoi Al-Hilal aurait-il coché son nom ?

Que s’est-il passé exactement ?

Dans les heures précédant la prise de parole du père de Ndiaye, plusieurs sources médiatiques avaient annoncé un accord imminent, voire conclu, entre le joueur et Al-Hilal. Le club saoudien, habitué à recruter des profils offensifs de haut niveau, était présenté comme très avancé dans le dossier.

C’est dans ce contexte que le père du joueur a choisi de publier une vidéo, format désormais courant pour les familles de stars africaines qui souhaitent reprendre la main sur le récit médiatique. Le ton était ferme : les informations relayées ne correspondent pas à la réalité. Pas d’accord, pas de départ imminent vers Riyad.

Ce type d’intervention directe d’un proche du joueur sur les réseaux sociaux est devenu une pratique de plus en plus fréquente dans le football africain. Elle témoigne aussi d’une certaine méfiance envers la manière dont les médias européens traitent parfois les dossiers de transferts impliquant des joueurs du continent.

Qui est Iliman Ndiaye, et pourquoi attire-t-il autant de convoitises ?

Iliman Ndiaye, né en 2000 à Rouen d’un père sénégalais, a grandi en France avant de rejoindre les académies anglaises. Son parcours est atypique : formé à Sheffield United, il y a explosé en Championship avant de s’imposer en Premier League, ce qui lui a valu une reconnaissance internationale tardive mais méritée.

Depuis son transfert à Everton à l’été 2024, il évolue en Premier League avec l’ambition de s’y installer durablement. À Goodison Park — bientôt remplacé par le nouveau stade des Toffees — il a montré des qualités techniques indéniables : dribbles dans les espaces réduits, percussion sur son côté gauche, capacité à éliminer en un contre un. Ce n’est pas un buteur de pointe, mais un joueur capable de faire basculer un match par sa qualité de balle.

Sur le plan international, Ndiaye est un titulaire régulier de l’équipe nationale du Sénégal, aux côtés de Sadio Mané et Ismaïla Sarr. Les Lions de la Téranga, champions d’Afrique en titre depuis leur sacre à la CAN 2021 (disputée en 2022), misent sur lui pour la nouvelle génération offensive. Sa cote n’a cessé de grimper depuis la CAN 2023 disputée en Côte d’Ivoire, où le Sénégal a été éliminé prématurément mais où Ndiaye a démontré son niveau.

Pourquoi Al-Hilal s’intéressait-il à lui ?

Al-Hilal, club le plus titré d’Arabie Saoudite et vainqueur de la Ligue des champions asiatique à de nombreuses reprises, a initié depuis 2023 une politique de recrutement mondial agressive. Neymar, Rúben Neves, Milinkovic-Savic, Malcom : le club de Riyad ne recrute pas par hasard, il cible des joueurs entre 25 et 30 ans avec un profil technique affirmé et une notoriété internationale.

Ndiaye coche plusieurs cases. Il est jeune — 24 ans —, africain dans un contexte où la Saudi Pro League cherche à élargir son audience vers le continent, et son profil de dribbleur percutant correspond aux attentes tactiques du championnat saoudien. Son agent — dont l’identité n’a pas été précisée dans les informations disponibles — aurait, selon les rumeurs, reçu une approche sérieuse.

Les montants évoqués dans la presse n’ont pas été confirmés. Mais le mercato saoudien, qui ferme ses portes à une date différente de celui des championnats européens, laisse encore une fenêtre ouverte pour ce type d’opération. Ce calendrier décalé est précisément ce qui alimente les rumeurs en cette fin de mois de juillet.

Un transfert en Arabie Saoudite : bénédiction ou impasse pour sa carrière ?

C’est la vraie question de fond, et elle se pose à chaque joueur africain de ce calibre. Rejoindre la Saudi Pro League à 24 ans, c’est encaisser un chèque conséquent mais potentiellement quitter le radar des sélectionneurs européens et de la Ligue des champions.

Pour le Sénégal, le sujet est sensible. Aliou Cissé, longtemps sélectionneur des Lions, a toujours préféré s’appuyer sur des joueurs évoluant dans les grands championnats européens. Son successeur à la tête de l’équipe nationale — la fédération sénégalaise a enclenché une transition après la CAN 2023 — devra se positionner sur la question des joueurs basés en Arabie Saoudite. Sadio Mané a montré que la convocation restait possible depuis Riyad, mais son statut d’icône nationale lui confère une exception difficile à généraliser.

Pour Ndiaye, signer à Al-Hilal à cet âge-là, c’est aussi renoncer à une trajectoire en Premier League qui semblait prometteuse. Everton vient de traverser plusieurs saisons difficiles, mais le club se reconstruit, et un joueur de sa qualité technique a clairement la capacité de s’y imposer sur la durée. Choisir Riyad maintenant, c’est couper court à ce potentiel.

Le rôle des familles dans le mercato africain

La prise de parole du père d’Iliman Ndiaye mérite une lecture au-delà du simple démenti. En Afrique — et dans la diaspora africaine en Europe — la famille occupe souvent une place centrale dans les décisions de carrière des footballeurs professionnels. Ce n’est pas une faiblesse de gouvernance, c’est une réalité culturelle que les agents et les clubs ont appris à intégrer.

Ce phénomène est particulièrement visible chez les joueurs sénégalais, mais aussi chez les Marocains, les Ivoiriens, les Camerounais. Dans plusieurs dossiers retentissants ces dernières années — sans en citer de spécifique pour rester dans les faits vérifiables — des proches du joueur ont pris la parole pour recadrer des informations mal orientées ou prématurément lâchées dans la presse.

Le fait que ce soit le père, et non l’agent ou le joueur lui-même, qui s’exprime est un signal. Cela suggère soit que le club ou l’entourage professionnel n’a pas encore de position officielle à communiquer, soit que la famille souhaite protéger le joueur d’une narrative qui lui échappe.

Que surveiller dans les prochaines semaines ?

Le mercato estival européen ferme le 1er septembre. Celui de la Saudi Pro League a ses propres échéances, généralement légèrement décalées. Iliman Ndiaye dispose donc encore d’une fenêtre — courte, mais réelle — pour voir sa situation évoluer dans un sens ou dans l’autre.

Plusieurs scénarios sont plausibles :

  • Il reste à Everton et entame sa deuxième saison complète en Premier League, avec l’ambition de s’imposer comme titulaire indiscutable chez les Toffees.
  • Un club européen se manifeste — plusieurs écuries de milieu de tableau des grands championnats (Serie A, Bundesliga, voire Ligue 1) ont les moyens et l’appétit pour ce profil.
  • Al-Hilal revient à la charge avec une offre plus convaincante, cette fois validée par l’ensemble de l’entourage du joueur.

À surveiller aussi : la position d’Everton. Si le club reçoit une offre substantielle — les rumeurs évoquaient des montants élevés, sans chiffre précis confirmé — la tentation de libérer une masse salariale significative pourrait peser dans la balance, indépendamment de la volonté du joueur.

Ce qu’il faut retenir

Le père d’Iliman Ndiaye a fermement démenti un départ vers Al-Hilal. Ce démenti public, relayé en vidéo sur les réseaux sociaux, ferme officiellement la porte — du moins dans l’immédiat. Mais le mercato est un milieu où les dossiers ressuscitent vite, et l’intérêt saoudien pour un profil aussi attractif que le sien ne disparaît pas sur une simple déclaration familiale.

Ce qui est certain : Ndiaye est l’un des attaquants africains les plus convoités du moment, à la croisée entre sa prime jeunesse et les premières grandes décisions de carrière. Ce qu’il choisira — ou ce qui lui sera imposé par les logiques économiques du marché — dira beaucoup sur l’orientation que prend le football africain à l’échelle mondiale.

Et vous : pensez-vous qu’un joueur de 24 ans comme Ndiaye a raison de résister à la Saudi Pro League pour rester en Premier League ?

Source : Foot Mercato