Un but de Merino, et la Belgique rentre à la maison. Ce vendredi soir, l’Espagne a validé son ticket pour les demi-finales de la Coupe du Monde 2026 en écartant les Diables Rouges dans un quart de finale tendu. La Roja rejoint ainsi l’équipe de France, déjà qualifiée, pour une affiche qui fait saliver autant qu’elle inquiète. Mardi prochain, deux des meilleures nations du football mondial vont se retrouver face à face, et l’une d’elles devra rentrer chez elle.
Merino, encore lui : l’Espagne a son buteur providentiel
Mikel Merino est en train de s’écrire une place à part dans l’histoire de cette Coupe du Monde. Le milieu de terrain d’Arsenal avait déjà montré sa capacité à peser sur les grands matchs, et contre la Belgique, il a une nouvelle fois sorti l’Espagne d’une situation compliquée. Son but libérateur confirme une tendance : dans ce Mondial 2026, la Roja sait souffrir avant de frapper.
Ce n’est pas la première fois que Merino endosse le costume du sauveur. À l’Euro 2024, c’est lui qui avait propulsé l’Espagne en demi-finale contre l’Allemagne d’un coup de tête entré dans la légende. Un an et demi plus tard, il remet ça sur la scène planétaire. À 28 ans, le natif de Pampelune est passé de joueur de rotation à pièce maîtresse d’une équipe championne d’Europe en titre.
Une Espagne bien différente de celle de 2010
Difficile de ne pas faire le parallèle avec l’histoire. En 2010 en Afrique du Sud, l’Espagne avait remporté son unique Coupe du Monde en battant les Pays-Bas en finale. À l’époque, c’était l’ère Xavi-Iniesta, le tiki-taka triomphant, la domination absolue du ballon. Seize ans plus tard, la Roja a profondément changé de visage, mais pas d’ambition.
Le sélectionneur Luis de la Fuente a construit une équipe plus directe, plus verticale, capable d’accélérer brutalement dans les espaces. Yamal, Nico Williams, Pedri : la génération actuelle incarne une Espagne qui combine la technique héritée de ses prédécesseurs avec une intensité et une vitesse de transition que le système de 2010 n’avait pas. Cette équipe peut perdre le ballon pendant dix minutes et marquer dans la foulée d’une séquence de sept passes.
Face à la Belgique, le schéma en 4-3-3 habituel de De la Fuente a fait la loi, même si les Diables Rouges ont eu leurs moments. De Bruyne, à 35 ans et dans ce qui était probablement sa dernière Coupe du Monde, a encore tenté de porter son équipe. Mais l’Espagne défend en bloc, presse haut, et finit par étouffer les meilleurs.
La France attendait, elle sait maintenant
Du côté français, on connaît désormais l’adversaire. Didier Deschamps et son staff avaient déjà probablement préparé des fiches sur les deux scénarios possibles — Espagne ou Belgique. Mais les Bleus ne peuvent pas ignorer ce que représente la Roja : l’équipe en forme du moment, championne d’Europe en titre, invaincue depuis de longs mois en compétition officielle.
Le bilan historique France-Espagne en Coupe du Monde reste relativement limité en termes de confrontations directes à ce stade de la compétition. Les deux nations se sont croisées à l’Euro 2021 — et l’Espagne avait éliminé la France en demi-finale aux tirs au but après un match fou (2-1, puis prolongations). Un souvenir qui ne s’efface pas. Kylian Mbappé, présent ce soir-là, a forcément ce dossier en tête.
Ce Mondial 2026, c’est peut-être la dernière chance pour Mbappé de soulever le trophée comme figure centrale des Bleus. À 27 ans, au sommet de sa puissance athlétique, il aborde cette demi-finale avec le statut de meilleur joueur du monde pour beaucoup d’observateurs. Mais l’Espagne a les moyens de le neutraliser : contre les meilleures équipes, De la Fuente place un milieu à trois pour couper les circuits et limiter les espaces dans le dos de la défense.
Le duel tactique qui va tout décider
Mardi soir, le vrai match se jouera au milieu de terrain. La France dispose de l’un des entrejeux les plus fournis du monde avec Tchouaméni, Camavinga et potentiellement Rabiot ou un profil plus offensif selon les choix de Deschamps. En face, l’Espagne aligne Rodri, Merino et Pedri — probablement le trio de milieu le plus complet de cette compétition.
Rodri, Ballon d’Or 2024, reste l’axe autour duquel tout le jeu espagnol s’organise. Il récupère, distribue, contrôle le tempo. Si les Bleus veulent gagner ce match, ils devront trouver un moyen de le perturber, de le forcer à jouer vite, de l’empêcher de voir le jeu. C’est la mission la plus difficile de ce Mondial pour Tchouaméni : couvrir suffisamment pour protéger sa défense, mais sans laisser Rodri opérer librement.
À l’opposé, l’Espagne va cibler le couloir droit français, qui a parfois montré des failles défensives lors de ce tournoi. Nico Williams, fulgurant dans sa moitié de terrain adverse, va tenter d’y faire des ravages. La réponse de Deschamps dans ce couloir sera l’une des clés de lecture de la rencontre.
Un regard africain et marocain sur ces demi-finales
En Afrique et au Maroc, ce Mondial 2026 a une saveur particulière. Pour la première fois, la compétition se déroule en partie sur le sol américain mais aussi au Canada et au Mexique, avec une édition à 48 équipes qui a permis à davantage de nations africaines de se qualifier. Le Maroc, quant à lui, avait nourri de grandes ambitions après son parcours historique de 2022 au Qatar où les Lions de l’Atlas avaient atteint les demi-finales.
Dans cette demi-finale France-Espagne, plusieurs joueurs issus du continent ou avec des racines africaines seront sous les projecteurs. Camavinga, né en Angola, formé en France. Tchouaméni, d’origine camerounaise. Kolo Muani, potentiellement dans le groupe offensif des Bleus. Du côté espagnol, Nico Williams est né à Bilbao de parents ghanéens — son frère Iñaki Williams ayant lui choisi de défendre les couleurs du Ghana. Ces histoires personnelles illustrent la richesse humaine de ce Mondial comme de chaque grande compétition moderne.
Pour les supporters africains et marocains, la question est simple : qui soutenir mardi ? La France, nation avec laquelle les liens historiques et culturels sont profonds ? Ou l’Espagne, qui fait vibrer par son jeu et qui compte elle aussi de nombreux fans sur le continent ? Le foot mondial a cette capacité unique de créer des attachements qui débordent largement les frontières.
Les enjeux : titre, records et legs
Pour la France, une victoire mardi ouvrirait la voie vers une troisième étoile, qui ferait des Bleus la nation la plus titrée de l’hémisphère occidental avec trois Coupes du Monde (1998, 2018, 2026). Ce serait aussi la confirmation d’une génération exceptionnelle, celle qui a grandi avec la victoire en Russie et tenté de tout recommencer.
Pour l’Espagne, l’enjeu est tout aussi colossal. Remporter le Mondial 2026 après l’Euro 2024 constituerait un enchaînement rarissime : seule la France de 1998-2000 (Mondial puis Euro) et l’Espagne elle-même de 2008-2012 (deux Euros et un Mondial) ont réalisé des doublés de ce niveau en peu de temps. Ce groupe emmené par les jeunes Yamal et Williams, avec l’armature de Rodri et Morata, a la qualité pour entrer dans l’histoire.
Pour Luis de la Fuente comme pour Didier Deschamps, ce match est peut-être le dernier grand rendez-vous de leur mandat respectif. Les deux sélectionneurs ont construit leur équipe sur la durée, ont essuyé des critiques, et se retrouvent à 90 minutes d’une finale de Coupe du Monde. C’est là que les carrières d’entraîneur se jugent.
Ce qu’il faut retenir avant la demi-finale
L’Espagne est en forme, cohérente, et Merino est en état de grâce. La France, de son côté, a montré qu’elle savait gérer la pression des grands matchs. Ce choc entre champions d’Europe en titre et champions du monde 2018 est exactement ce qu’une demi-finale de Coupe du Monde mérite d’être.
- Rendez-vous : mardi prochain, demi-finale de la Coupe du Monde 2026
- Duel clé : Rodri contre Tchouaméni, la bataille du milieu
- Joueur à surveiller : Mikel Merino, buteur décisif pour la deuxième fois de la compétition
- Enjeu historique : la France vise une 3e étoile, l’Espagne veut doubler Euro 2024 et Mondial 2026
Une génération ne rate pas deux fois sa chance. Ni du côté français, ni du côté espagnol.
Et vous, qui voyez-vous atteindre la finale : les Bleus ou la Roja ?
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Source : Foot Mercato








