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Coupe du Monde 2026 : l’Espagne élimine le Portugal et vise le sacre

Un but de Mikel Merino, tard dans le match, et le Portugal plie. L’Espagne est en quarts de finale de la Coupe du Monde 2026, et la presse ibérique ne cache plus son ambition : la Roja peut aller au bout. Ce n’est pas de l’hubris. C’est le sentiment d’une équipe qui joue juste, qui sait souffrir, et qui vient de franchir le premier vrai obstacle du tournoi en éliminant l’un des favoris historiques de cette compétition.

Le huitième de finale face au Portugal n’était pas un match quelconque. C’était un derby ibérique à l’enjeu mondial, entre deux des équipes les plus titrées de l’histoire récente du football européen. L’Espagne l’a emporté. Et maintenant, elle regarde devant.

Merino, le héros inattendu d’un derby ibérique tendu

Mikel Merino n’est pas le premier nom qu’on cite quand on parle de l’Espagne. Et pourtant, c’est lui qui a tranché. Le milieu de terrain, repositionné selon les besoins tactiques de la Roja, a inscrit le but décisif dans les dernières minutes — le genre de coup de théâtre qui fabrique les légendes d’un tournoi.

Ce n’est pas la première fois que Merino frappe au bon moment. À l’Euro 2024, il avait déjà été décisif dans les phases à élimination directe, confirmant sa capacité à hausser son niveau quand la pression monte. Les grands tournois lui réussissent. Et la Coupe du Monde 2026 est peut-être en train d’en faire l’un des visages de l’aventure espagnole.

Face au Portugal, le match avait été âpre. La Seleção de Cristiano Ronaldo — ou de ses successeurs, selon la composition alignée — n’abdique jamais facilement. Mais l’Espagne a tenu, attendu, et frappé. C’est précisément ce que font les grandes équipes.

Une Espagne qui rappelle les années Xavi-Iniesta, en version 2026

On ne compare pas à la légère avec le cycle 2008-2012. Cette Espagne-là avait remporté deux Euros et un Mondial, réinventant le football mondial avec un tiki-taka qui avait stupéfié la planète. Mais la génération actuelle a ses propres arguments, et ils sont solides.

Pedri, Gavi, Yamal, Morata — ou leurs remplaçants dans cette configuration 2026 — incarnent une continuité de style que peu de nations peuvent revendiquer. L’Espagne joue court, joue vite, recycle le ballon avec une patience qui finit par épuiser ses adversaires. Le Portugal en a fait les frais.

Tactiquement, la Roja s’appuie sur un bloc médian compact, une récupération haute quand elle peut se le permettre, et des transitions rapides portées par ses ailiers. Le pressing est organisé, pas frénétique. C’est du football pensé, pas subi. Et ça fait la différence dans les matchs couperets.

Portugal : la fin d’un cycle ou juste un accroc ?

Pour le Portugal, cette élimination en huitièmes fait mal. La Seleção avait abordé ce Mondial avec de vraies ambitions, portée par une génération de joueurs expérimentés et quelques pépites émergentes. Mais tomber dès les huitièmes, contre l’Espagne de surcroît, relance une question que le football portugais reporte depuis des années : après Ronaldo, qui ?

Le débat sur la succession de CR7 au sein de la sélection n’est pas nouveau. Mais chaque élimination précoce le remet sur la table avec une acuité renouvelée. João Felix, Rafael Leão, Vitinha — les talents ne manquent pas, mais la cohérence collective, elle, reste à construire. L’Espagne a exploité exactement ça : les espaces laissés par un Portugal trop souvent dépendant de ses individualités.

Le contexte du Mondial 2026 : une compétition XXL qui change tout

Cette Coupe du Monde 2026 est historique à plus d’un titre. Pour la première fois, 48 équipes participent à la phase finale, réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le format a évolué : une phase de groupes à trois équipes, puis des huitièmes de finale dès le premier tour à élimination directe. Ce qui signifie davantage de matchs, davantage de pièges, davantage de fatigue accumulée.

L’Espagne a navigué dans ce nouveau format avec une sérénité remarquable. Là où d’autres équipes ont trébuché dans des groupes qu’elles pensaient maîtriser, la Roja a fait le travail proprement, se qualifiant avec suffisamment de marge pour arriver en huitièmes sans être à plat physiquement ni tactiquement déstabilisée.

Pour les équipes africaines et notamment le Maroc — qui avait créé l’événement en 2022 en atteignant les demi-finales — cette édition 2026 représentait une nouvelle occasion de confirmer la progression du football du continent. Le format élargi offre davantage de places aux nations africaines, avec 9 représentants au lieu de 5. Mais atteindre les huitièmes ne suffit plus : il faut désormais enchaîner.

L’angle marocain et africain : à quoi ressemble ce Mondial depuis Casablanca ?

Difficile de parler de Coupe du Monde 2026 sans penser au Maroc. Les Lions de l’Atlas font partie des co-organisateurs de l’édition suivante — la Coupe du Monde 2030 — mais surtout, ils constituent depuis 2022 le baromètre du football africain au plus haut niveau. Leur parcours dans ce Mondial 2026 est suivi avec une intensité particulière à Casablanca, Rabat, Dakar et Abidjan.

La génération marocaine actuelle, emmenée par des joueurs formés en Europe — Achraf Hakimi, Hakim Ziyech, Sofiane Boufal et leurs cadets — a démontré qu’un bloc africain peut rivaliser avec les meilleures sélections mondiales. La question n’est plus de savoir si c’est possible. Elle est de savoir si les conditions (préparation, calendrier, fraîcheur physique) permettent de le reproduire sur la durée d’un tournoi aussi long.

Dans ce contexte, l’élimination de l’Espagne par le Portugal — ou son contraire — a des répercussions indirectes sur le tableau et les adversaires potentiels des équipes africaines encore en lice. Chaque résultat dans le tableau recompose les routes vers la finale. Et les supporters marocains, comme les suiveurs du football sénégalais ou ivoirien, lisent ces résultats avec attention.

La presse espagnole s’emballe : est-ce justifié ?

Marca, AS, Sport — les grands titres madrilènes et barcelonais ne font pas dans la retenue. Après la victoire contre le Portugal, les unes ont flambé : « ¡Vamos a por todo! », « La Roja sueña en grande ». On connaît la tradition. La presse espagnole a une relation passionnelle avec sa sélection, capable de la porter aux nues un soir et de l’enterrer le lendemain.

Mais cette fois, l’enthousiasme n’est pas totalement déconnecté de la réalité. L’Espagne est l’une des équipes les plus constantes du tournoi. Elle n’a pas vacillé. Elle n’a pas eu besoin de séances de tirs au but pour passer. Elle a produit du jeu, créé des occasions, et trouvé le but décisif quand il le fallait. C’est une base sérieuse.

Reste que les quarts de finale d’une Coupe du Monde à 48 équipes, c’est encore loin de la finale. Les adversaires potentiels — qu’il s’agisse d’une équipe sud-américaine, d’un géant européen ou d’une surprise du tournoi — seront au niveau. Et dans ce format élargi, la gestion de l’énergie et du groupe compte autant que la qualité individuelle.

Ce qu’il faut retenir et ce que la suite nous dira

L’Espagne sort du Portugal et confirme qu’elle est bien l’une des candidates sérieuses au titre dans cette Coupe du Monde 2026. Le but de Mikel Merino, tardif et décisif, résume parfaitement ce que cette équipe sait faire : rester dans le match, ne jamais lâcher, et trouver la solution quand d’autres auraient craqué.

Les quarts de finale seront le vrai test. Face à une opposition relevée, on saura si cette Espagne a l’étoffe des grands vainqueurs ou si elle atteint ses limites. La réponse viendra vite — dans ce Mondial XXL, le calendrier ne laisse aucun répit.

À surveiller : la composition espagnole pour les quarts, l’état physique des cadres après une rencontre intense, et la réaction du bloc Portugal dans les semaines à venir — une élimination en huitièmes relancera inévitablement des choix forts au sein de la sélection lusitanienne.

Et vous — pensez-vous que l’Espagne a vraiment l’étoffe pour aller jusqu’au bout de ce Mondial 2026, ou le tirage au sort et la fatigue auront-ils raison de la Roja en quarts ?

Source : Foot Mercato