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Vozinha signe à Colo-Colo à 40 ans : le choix qui surprend

Quarante ans, un passeport cap-verdien et un contrat au Chili. Le feuilleton Vozinha a pris fin ce lundi soir avec une annonce qui a surpris plus d’un suiveur du football africain et lusophone : le gardien s’est officiellement engagé avec Colo-Colo, le géant de Santiago. À un âge où la plupart des portiers raccrochent les gants, lui choisit de traverser l’Atlantique pour rejoindre le club le plus titré du football chilien. Une décision aussi audacieuse que cohérente quand on connaît la trajectoire hors norme de ce joueur.

Un feuilleton qui a duré trop longtemps

Les dernières semaines avaient été marquées par une incertitude pesante. Vozinha était libre et plusieurs clubs avaient manifesté leur intérêt. L’une des pistes les plus sérieuses semblait le ramener sur le continent africain, avec la RS Berkane, le club marocain champion de la Coupe de la CAF, régulièrement cité comme destination probable.

Berkane, ce n’est pas n’importe quel club. Ces dernières saisons, le RSB a imposé son nom sur la scène continentale africaine, rivalisant avec les Wydad, Zamalek et autres TP Mazenbe. Recruter un gardien d’expérience internationale pour tenir les cages en Ligue des champions de la CAF avait du sens. Les rumeurs avaient même pris de la consistance au point que certains médias spécialisés l’annonçaient quasiment signé.

Sauf que Vozinha en a décidé autrement. L’Amérique du Sud plutôt que l’Afrique. Colo-Colo plutôt que Berkane. Un choix personnel, peut-être sportif, certainement réfléchi.

Qui est vraiment Vozinha, le gardien que le monde entier sous-estime ?

Vozinho Varela, dit Vozinha, est bien plus qu’un nom exotique dans les colonnes des journaux de transferts. Né en 1985 au Cap-Vert, il est devenu l’un des portiers les plus respectés de sa génération dans la sphère lusophone. Gardien numéro un de la sélection nationale cap-verdienne, les Requins Bleus, il a accompagné l’ascension d’un pays de 500 000 habitants vers les sommets du football africain.

Ce qui frappe avec Vozinha, c’est la longévité. À 40 ans, il revendique encore un niveau compétitif suffisant pour intéresser des clubs ambitieux. Ce n’est pas un hasard : les gardiens de but ont souvent cette capacité à prolonger leur carrière au-delà de l’âge où les milieux de terrain et les attaquants ont depuis longtemps raccroché. Iker Casillas, Gianluigi Buffon, Edwin van der Sar — la liste des portiers légendaires ayant joué au plus haut niveau après 38 ans est longue. Vozinha s’inscrit dans cette tradition, à sa manière.

Sa carrière l’a conduit à travers plusieurs championnats, notamment au Portugal, un circuit qui lui a donné une formation solide et une réputation de professionnel sérieux. C’est cette réputation qui parle encore aujourd’hui.

Colo-Colo, un choix sportif qui a du sens

Colo-Colo, c’est le Real Madrid chilien. Trente-trois titres de champion national, des présences en Copa Libertadores quasi systématiques, un stade — le Estadio Monumental de Nuñoa à Santiago — qui accueille régulièrement plus de 40 000 spectateurs. C’est le club le plus populaire du Chili, avec une pression à la hauteur de son statut.

Pour la saison en cours, Colo-Colo joue sur plusieurs tableaux : le championnat chilien, la Copa Chile et surtout la Copa Libertadores, la Ligue des champions sud-américaine. C’est précisément là que le recrutement de Vozinha prend tout son sens. Un gardien expérimenté, habitué aux joutes continentales avec le Cap-Vert et dans les championnats professionnels européens, représente une garantie de sérieux entre les perches.

Le football chilien traverse une période de renouveau. Plusieurs clubs investissent dans des profils étrangers confirmés pour hausser le niveau général, et Colo-Colo ne déroge pas à la règle. Recruter Vozinha, c’est recruter de la fiabilité, un portier qui ne tremble pas sous la pression des grands soirs sud-américains.

L’angle africain : ce que perd (peut-être) la RS Berkane

Du côté marocain, la nouvelle fait l’effet d’une légère douche froide. La RS Berkane avait besoin de renforcer son effectif en vue de la prochaine édition de la Ligue des champions de la CAF. Le club de l’Oriental marocain, financé en grande partie par les groupes miniers de la région de Berkane, a bâti un projet sportif sérieux et durable ces dernières années.

Perdre la piste Vozinha ne signifie pas que le RSB restera sans renforcements. Mais cela illustre une réalité du mercato africain : les clubs du continent peinent encore à concurrencer les offres sud-américaines ou européennes, même pour des joueurs en fin de carrière ou hors de leur pic de forme. La question du projet sportif, des conditions d’entraînement et parfois de la fiscalité joue dans ces arbitrages.

Pour le Cap-Vert et les supporters des Requins Bleus, qui suivent Vozinha depuis ses débuts en sélection, le voir évoluer en Copa Libertadores aura quelque chose de symbolique. Ce n’est pas un championnat africain, mais c’est l’une des compétitions les plus exigeantes du monde. Une belle vitrine pour un joueur qui n’a jamais vraiment eu la lumière qu’il méritait.

Que dit ce transfert sur le football cap-verdien ?

Le Cap-Vert est un cas d’école dans le football africain. Un petit archipel qui s’est hissé dans le top 10 continental, qui a participé à plusieurs Coupes d’Afrique des Nations — dont celle de 2023 en Côte d’Ivoire, où les Requins Bleus ont atteint les huitièmes de finale — et qui continue de former des joueurs qui s’exportent.

Vozinha est l’incarnation de cette génération pionnière. Celle qui a posé les bases d’un football cap-verdien crédible et respecté. À 40 ans, il représente encore son pays en sélection si les circonstances s’y prêtent, et son transfert à Colo-Colo prolonge d’au moins une saison un parcours professionnel d’exception.

Il y a quelque chose d’assez beau dans cette trajectoire : un gardien formé dans l’ombre des grandes nations africaines, qui finit par signer dans un club centenaire de l’autre côté de l’océan. Le football lusophone a ses propres réseaux, ses propres chemins. Du Portugal à l’Afrique de l’Ouest, des îles du Cap-Vert au Chili — la langue et la culture créent des ponts que les statistiques ne peuvent pas toujours expliquer.

À 40 ans, quel rôle pour Vozinha à Colo-Colo ?

La question est légitime. Arrive-t-il comme titulaire indiscutable ou comme doublure expérimentée ? La réponse à cette question conditionne largement l’intérêt sportif de ce transfert pour lui.

Un gardien de 40 ans qui s’engage dans un club de Copa Libertadores en pleine saison ne se déplace pas pour réchauffer le banc. Soit Colo-Colo a identifié une lacune précise entre ses perches et cherche une solution immédiate, soit le club parie sur la concurrence saine pour élever son niveau. Dans les deux cas, Vozinha devra performer vite. Le championnat chilien reprend ses droits et la Libertadores n’attend personne.

Sa capacité d’adaptation sera scrutée. Passer d’un contexte européen ou africain à l’altitude de Santiago, à la pression du Estadio Monumental, à un football physique et intense — ce sont des paramètres qui ne s’apprivoisent pas en une semaine. Mais à 40 ans et avec autant de kilomètres dans les jambes, Vozinha sait exactement ce qu’il fait.

Ce qu’il faut retenir — et ce qui va se jouer maintenant

Le transfert de Vozinha à Colo-Colo ferme définitivement la porte à la piste marocaine et ouvre un chapitre inédit dans la carrière du gardien cap-verdien. À surveiller dans les prochaines semaines :

  • Sa place dans le groupe : titulaire ou concurrent ? Les prochaines compositions d’équipe de Colo-Colo répondront à cette question.
  • Les performances en Copa Libertadores : c’est là que se jugera la pertinence sportive de ce recrutement.
  • L’avenir de la RS Berkane entre les perches : le club marocain devra rebondir vite sur le marché des transferts.
  • La sélection cap-verdienne : Vozinha reste-t-il disponible pour les Requins Bleus lors des prochaines qualifications pour la CAN 2027 ?

À 40 ans, certains joueurs signent un dernier contrat pour se ménager une sortie honorable. Vozinha, lui, semble avoir signé pour se battre. C’est peut-être ce qui le distingue le plus.

Et vous : pensez-vous qu’un gardien de 40 ans peut encore faire la différence à ce niveau ? La carrière de Vozinha mérite qu’on se pose la question sérieusement.

Source : Foot Mercato