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Italie sans sélectionneur : la FIGC convoque une réunion d’urgence

La Fédération italienne de football (FIGC) tient une réunion d’urgence ce lundi 28 juillet 2026, au lendemain d’un week-end de crise. L’affaire Andrea Pirlo a tout fait exploser : le nom de la légende milanaise avait circulé avec insistance pour prendre les rênes de la Nazionale, avant que ses liens présumés avec le sponsor russe Fonbet ne torpillent sa candidature. Derrière le feuilleton médiatique, c’est toute la gouvernance du football italien qui vacille à moins de deux ans de la Coupe du monde 2026.

L’affaire Pirlo-Fonbet : comment la crise a éclaté

Tout allait trop vite, trop bien. Andrea Pirlo, 47 ans, icône absolue du Calcio, semblait le choix naturel pour succéder à Luciano Spalletti, écarté après la saison décevante de l’Italie. Son palmarès comme joueur — deux Coupes du monde de clubs, une Ligue des champions, un Scudetto, le titre mondial 2006 — lui conférait une aura indiscutable. Sa trajectoire d’entraîneur, elle, reste inachevée : un passage à la Juventus (2020-2021) conclu sans titre, puis des expériences en Turquie et aux États-Unis.

C’est précisément dans ces années d’errance que le problème est né. Des informations ont fait état de liens contractuels ou commerciaux entre l’entourage de Pirlo et Fonbet, opérateur de paris sportifs aux accointances russes. Dans le contexte géopolitique actuel — les clubs et fédérations européennes sont soumis à des règles strictes sur les partenariats avec des entités liées à la Russie depuis 2022 —, cette révélation a mis la FIGC dans une position intenable.

Le président fédéral Gabriele Gravina s’est retrouvé coincé entre deux feux : nommer Pirlo risquait d’exposer la Fédération à des sanctions de l’UEFA, voire à des pressions politiques ; reculer publiquement, c’était reconnaître un processus de sélection bâclé. Le résultat : une réunion de crise convoquée dans la précipitation.

Pourquoi la FIGC a autant tardé à trouver un successeur à Spalletti

Pour comprendre l’urgence de ce lundi, il faut revenir en arrière. Luciano Spalletti avait pris en main la Nazionale à l’été 2023, après l’élimination traumatisante en barrages de qualification pour le Mondial 2022 — une deuxième absence consécutive à la Coupe du monde, après le désastre de 2017. Son mandat a produit quelques éclairs, mais l’Italie n’a jamais retrouvé la solidité collective des grandes années.

Quand la séparation a été actée, la FIGC a multiplié les approches, les noms, les pistes. Roberto Mancini était hors jeu, toujours engagé avec l’Arabie saoudite. Antonio Conte, sous contrat à Naples, inaccessible sans indemnité faramineuse. Les profils étrangers ont aussi été évoqués, sans jamais convaincre une fédération attachée à l’idée d’un technicien italien pur jus. Pirlo a alors semblé combler toutes les cases : célébrité, nationalité, disponibilité. Jusqu’à l’explosion de la bombe Fonbet.

Quels noms restent sur la table pour diriger la Nazionale ?

La réunion de ce lundi a donc pour mission de remettre les compteurs à zéro et de trancher. Plusieurs pistes seraient encore actives, avec des profils très différents.

  • Claudio Ranieri : à 74 ans, le « Tinkerman » a terminé sa carrière en beauté avec la Roma, qu’il a ramenée en Ligue des champions en 2024-2025. Sa popularité en Italie est immense, et il a répété à plusieurs reprises que le banc de la Nazionale serait la seule raison valable de sortir de sa retraite.
  • Massimiliano Allegri : libre depuis son départ de la Juventus en 2024, le technicien livournais a toujours affiché son intérêt pour la sélection. Mais son image reste clivante, et ses méthodes jugées trop défensives par une partie des observateurs.
  • Roberto De Zerbi : option plus moderne, actif sur le banc de l’OM puis en Premier League, il incarne un football offensif et exigeant. Sa jeunesse relative (45 ans) est vue comme un atout autant qu’un risque.

Chaque option comporte ses propres contradictions. La FIGC devra trancher vite : l’Italie a des matchs de préparation programmés en septembre, et la fenêtre de qualification pour la Coupe du monde 2026 reprend à l’automne.

Un contexte géopolitique qui dépasse le simple football

L’affaire Fonbet n’est pas anodine. Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’UEFA et la FIFA ont durci les règles encadrant les partenariats commerciaux avec des entreprises liées à des intérêts russes. Plusieurs clubs européens ont dû rompre des contrats, sous peine de sanctions sportives ou financières.

Pour une fédération nationale, l’exposition est encore plus grande. La FIGC est directement sous la surveillance de l’UEFA, et nommer un sélectionneur dont l’entourage entretient des liens commerciaux avec une entité sous sanctions serait une faute politique majeure. Ce n’est donc pas la morale qui a stoppé la candidature Pirlo — c’est la réalité juridique et institutionnelle.

Ce feuilleton illustre une tension plus profonde : le football européen de haut niveau est désormais traversé par des enjeux qui dépassent largement le rectangle vert. Partenaires, sponsors, investisseurs — chaque pièce du puzzle est scrutée à la loupe dans le contexte géopolitique actuel.

L’Italie à la croisée des chemins avant le Mondial 2026

Derrière la crise de gouvernance, il y a une échéance sportive concrète et imminente. La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, débute en juin 2026. L’Italie, qualifiée via la Ligue des Nations après ses humiliations en barrages, retrouvera enfin la compétition après avoir manqué deux éditions consécutives (2018 et 2022).

C’est dire si la pression est immense. La Nazionale ne peut pas se permettre d’arriver au Mondial sans direction claire, sans identité de jeu, sans staff stabilisé. Chaque semaine perdue dans les tergiversations fédérales est une semaine de préparation en moins pour le futur sélectionneur.

Sur le plan des joueurs, l’effectif n’est pas en crise : Gianluigi Donnarumma reste l’un des meilleurs gardiens du monde, Federico Chiesa a retrouvé un niveau convaincant après ses blessures, et une nouvelle génération — Nicolò Fagioli, Wilfried Gnonto, Mateo Retegui — cherche à s’imposer. Ce que l’Italie manque, c’est un cap, une philosophie claire, un homme à la tête capable de fédérer un groupe qui en a besoin.

L’angle francophone : quand le football italien regarde vers la France

Cette crise italienne n’est pas sans résonance pour les supporters francophones. Plusieurs joueurs évoluant en Ligue 1 ou issus de la diaspora africaine en Serie A sont directement concernés par le choix du futur sélectionneur, qui définira les critères de sélection et le style de jeu de la Nazionale.

Du côté marocain et africain, la situation rappelle une réalité familière : les fédérations qui tardent à nommer leur staff avant une grande compétition paient souvent le prix fort. La FRMF, elle, a su stabiliser son projet autour de Walid Regragui après le Mondial 2022, et les Lions de l’Atlas en récoltent les fruits. L’Italie ferait bien de s’en inspirer.

Par ailleurs, le cas Roberto De Zerbi intéresse directement les observateurs français : entraîneur de l’Olympique de Marseille depuis 2024, il est régulièrement cité dans les couloirs de la FIGC. Une nomination surprise à la tête de la Nazionale placerait l’OM dans une situation délicate en plein exercice, forçant le club phocéen à trouver son quatrième entraîneur en deux ans.

Ce qu’il faut retenir — et ce qu’on attend maintenant

La réunion d’urgence de la FIGC ce lundi 28 juillet doit, en théorie, déboucher sur une décision rapide. La pression médiatique, sportive et institutionnelle est trop forte pour que le dossier traîne encore. Le nom du futur sélectionneur pourrait être annoncé dans les prochains jours — certains médias italiens évoquent la fin de semaine comme horizon.

Ce qui est certain : l’Italie entre dans une séquence décisive. Son image footballistique, déjà écornée par deux absences mondiales consécutives, ne peut pas se permettre un nouvel épisode caricatural. La FIGC a un rendez-vous avec sa propre crédibilité. Et les supporters de la Squadra Azzurra, eux, attendent simplement qu’on leur redonne une équipe à aimer — et un projet à défendre jusqu’au Mexique, au Canada ou à New York en 2026.

Et vous — qui devrait prendre les rênes de l’Italie ? Ranieri, Allegri, De Zerbi ou un autre nom ? Donnez-nous votre pronostic en commentaire.

Source : Foot Mercato