Pendant que l’équipe de France affrontait l’Espagne en demi-finale de Coupe du monde 2026, Adrien Rabiot trouvait le temps de régler ses affaires. Le week-end dernier, à quelques heures de ce choc planétaire, le milieu de terrain de l’AC Milan s’est assis avec sa mère et agente, Véronique Rabiot, pour évoquer son avenir en club. Un timing révélateur : Rabiot ne laisse rien au hasard, et son camp n’entend pas subir les événements.
Résultat de la réunion ? Aucune décision tranchée. Mais plusieurs options sur la table, dont la plus séduisante porte le bleu et blanc de Napoli. Car depuis que Massimiliano Allegri a pris les rênes du club napolitain, un nom revient avec insistance dans les couloirs du Maradona : celui de Rabiot, son ancien protégé à la Juventus et à Milan.
Pourquoi cette réunion à ce moment précis ?
On pourrait s’interroger sur le choix du calendrier. La réponse est simple : dans le milieu du football professionnel, les grandes décisions se préparent avant même que le ballon ne s’arrête de rouler. Le mercato estival 2026 bat déjà son plein en coulisses, et les agents les plus aguerris savent qu’attendre la fin du Mondial pour agir, c’est risquer de manquer le train.
Véronique Rabiot est connue pour sa méthode : elle ne lâche rien, négocie pied à pied et n’a aucun mal à contrarier les plans des plus grands clubs d’Europe. Elle l’avait déjà prouvé lors de la sortie de son fils de la Juventus en 2024, puis lors de son départ de l’Olympique de Marseille vers Milan. Ce nouveau round de discussions s’inscrit dans la même logique : peser chaque option avant d’engager quoi que ce soit.
Pour l’heure, Rabiot n’envisage pas de partir de Milan, selon La Gazzetta dello Sport. Il lui reste deux ans de contrat — jusqu’en été 2028 — dans un club qui le rémunère très confortablement. Mais dans ce métier, deux ans de contrat n’ont jamais empêché un transfert si les conditions financières et sportives s’alignent.
Un bilan mitigé à Milan, mais des stats qui parlent
La saison 2025-26 de l’AC Milan s’est terminée sur une déception majeure : les Rossoneri ont raté la qualification en Ligue des champions. Pour un club de cet acabit, c’est une sanction sportive et économique lourde. Cette contre-performance a coûté son poste à Allegri, limogé en fin de saison après seulement un an passé au Meazza.
Dans ce contexte déprimant, Rabiot a pourtant tenu son rang. Cinq buts et six passes décisives en Serie A : ce n’est pas le rendement d’un joueur fantôme. À 31 ans, il a confirmé qu’il restait capable de peser dans un entrejeu de haut niveau, malgré les turbulences collectives autour de lui. Sa régularité dans un club en crise reste son meilleur argument pour exiger un projet compétitif en retour.
C’est d’ailleurs sur ce terrain-là que la situation devient intéressante. Le nouvel entraîneur milanais, le Portugais Ruben Amorim, a fait savoir qu’il comptait sur Rabiot. Le profil du milieu français correspond à son 3-4-3 ou 3-5-2, avec un joueur capable d’abattre un gros volume de travail défensif tout en apportant de la qualité technique dans la transition. Mais une chose est de vouloir garder un joueur ; une autre est de lui offrir la perspective d’une Ligue des champions. Et pour l’instant, Milan doit d’abord assurer sa qualification via le championnat.
Allegri-Rabiot : une histoire qui ne s’efface pas
Pour comprendre pourquoi Napoli pousse si fort, il faut remonter à Turin. Entre 2019 et 2024, Adrien Rabiot a joué sous les ordres d’Allegri à la Juventus, d’abord lors du premier mandat de l’entraîneur toscan (2019-2021), puis lors de son retour (2021-2024). Cinq saisons, des hauts et des bas, mais surtout une relation de confiance qui s’est construite dans la durée.
Allegri a toujours vu en Rabiot un milieu complet, capable de combiner physique et intelligence de jeu. Il l’a relancé à Turin alors que le Français sortait d’une longue période de disette au Paris Saint-Germain — où il avait passé 2018-2019 sur la liste noire du club. C’est cette capacité à redonner confiance à Rabiot, à lui trouver le bon rôle au bon moment, qui rend la piste napolitaine crédible au-delà de la simple rumeur mercato.
Allegri vient de prendre en main un Napoli ambitieux, toujours marqué par son titre de champion d’Italie en 2023 et déterminé à retrouver les sommets. Recruter Rabiot serait un signal fort : un joueur d’expérience internationale, capable de servir de cadre dans un vestiaire en reconstruction.
Quel rôle tactique pour Rabiot à Napoli ?
Allegri a souvent utilisé Rabiot dans un rôle de milieu gauche dans un 4-3-3 ou comme relayeur dans un 3-5-2 selon les besoins. À Napoli, le technicien italien devrait s’appuyer sur une structure similaire, avec un entrejeu physique et mobile. Rabiot, avec son gabarit de 1,88 m, son pressing et sa qualité de passe longue, coche toutes les cases.
Face à des clubs comme l’Inter Milan ou la Juventus en Serie A, Napoli a besoin de profils capables de tenir le ballon sous pression et de porter le jeu vers l’avant sans précipitation. C’est exactement le registre de Rabiot quand il est dans un bon jour. Le duel à surveiller dans un Napoli reconstruit autour d’Allegri : comment Rabiot cohabiterait-il avec le meneur de jeu napolitain actuel et quelle liberté lui serait accordée dans le bloc offensif ?
L’angle français : Rabiot, toujours au cœur du projet des Bleus
Ce dossier dépasse largement les frontières de la Serie A. Adrien Rabiot est en pleine Coupe du monde 2026 avec l’équipe de France, qui dispute sa demi-finale contre l’Espagne ce mardi. Le milieu de terrain fait partie des joueurs de référence du sélectionneur, et sa forme physique et mentale au niveau international est indéniable.
Pour les supporters français — et plus largement pour le public francophone d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne qui suit assidûment les Bleus — voir Rabiot bien installé dans un grand club la saison prochaine est une condition quasi indispensable à sa crédibilité internationale. Rejoindre un club qualifié en Ligue des champions serait un argument de poids dans sa relation avec le sélectionneur. Rester à Milan sans coupe d’Europe, c’est risquer de perdre en visibilité au plus mauvais moment.
Le calendrier joue ici un rôle clé : si la France va au bout du Mondial, Rabiot sera en vacances tard, et les négociations reprendront de plein fouet en août. Son camp le sait et se prépare en conséquence.
Ce que Milan risque de perdre — et ce qu’il peut gagner
Du côté des Rossoneri, la position est claire dans les discours officiels : Rabiot n’est pas à vendre. Amorim veut construire autour d’un groupe solide, et le Français en fait partie. Mais Milan a besoin d’argent pour se renforcer, notamment pour revenir en Ligue des champions dès 2026-27. Si Napoli formule une offre sérieuse — les estimations officieuses évoquent un transfert pouvant dépasser les 20 à 25 millions d’euros pour un joueur de 31 ans avec deux ans de contrat — la direction milanaise pourrait être tentée d’écouter.
D’autant que le salaire de Rabiot pèse lourd dans la masse salariale. Se séparer de lui permettrait à Milan de réinvestir dans des profils plus jeunes, conformément à la politique de transition engagée depuis plusieurs saisons. C’est la contradiction permanente de ce dossier : sportivement, Milan veut Rabiot ; financièrement, une vente n’est pas inenvisageable.
Ce qu’il faut retenir — et la suite à surveiller
Adrien Rabiot ne partira pas de Milan avant la fin de son aventure mondiale avec les Bleus. C’est clair, assumé, et logique. Mais le fait que sa mère-agente ait déjà entamé des discussions en plein tournoi dit beaucoup sur l’urgence perçue du côté du clan Rabiot.
Les prochaines semaines seront décisives. Trois scénarios possibles :
- Rabiot reste à Milan sous Amorim, avec un rôle confirmé et une promesse de retour en Europe.
- Napoli formalise une offre et la réunion avec Véronique Rabiot sert de base de négociation pour un transfert cet été.
- Un troisième club, non encore cité publiquement, s’invite dans la danse — une hypothèse à ne jamais exclure avec les Rabiot.
À retenir : Rabiot est un joueur de 31 ans, sous contrat jusqu’en 2028, courtisé par son ancien entraîneur dans l’un des clubs les plus ambitieux de Serie A. Le statu quo est possible. Le transfert aussi. Ce qui est certain, c’est que ni Milan ni Napoli ne peuvent se permettre de traîner. Le mercato estival 2026 n’attendra personne.
Et vous, supporters des Bleus et de la Serie A : pensez-vous que Rabiot a encore un grand rôle à jouer dans un top club européen, ou son heure de gloire en club est-elle derrière lui ?
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Source : Football Italia








